{"id":128,"date":"2023-08-18T21:00:16","date_gmt":"2023-08-18T19:00:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/?post_type=chapter&#038;p=128"},"modified":"2024-02-28T15:46:59","modified_gmt":"2024-02-28T14:46:59","slug":"cumul-et-conflit-de-droits","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/chapter\/cumul-et-conflit-de-droits\/","title":{"raw":"Cumul et conflit de droits","rendered":"Cumul et conflit de droits"},"content":{"raw":"&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>47._ Le cumul des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle_<\/strong>[footnote]Sur ces questions, R. Tomkowicz, <em>Intellectual property overlaps<\/em>, Routlege 2012; N. Wilkof et S. Basheer, <em>Overlapping Intellectual Property Rights<\/em>, Oxford University Press 2012; E. Derclaye, M. Leistner, <em>Intellectual Property Overlaps\u00a0: A European Perspective<\/em>, Bloomsbury publishing, 2011; L.A. Heymann, \u00ab\u00a0Overlapping Intellectual Property Doctrines\u00a0: Election of Rights Versus Selection of Remedies\u00a0\u00bb, 17 Stan. Tech. L. Rev. 239 (2013)\u00a0; V. R. Moffat, \u00ab\u00a0Mutant Copyrights and Backdoor Patents: The Problem of Overlapping Intellectual Property Protection\u00a0\u00bb, 19 Berkeley Tech. L.J. 1473, 1496 (2004).[\/footnote] Les probl\u00e8mes pos\u00e9s par le cumul ou le voisinage de droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sur un m\u00eame objet ne se posent pas de fa\u00e7on fondamentalement diff\u00e9rente dans les syst\u00e8mes de droit anglo-am\u00e9ricain et dans les syst\u00e8mes de droit civil. La question ne fait pas l\u2019objet d\u2019un r\u00e8glement global, et l\u2019approche des tribunaux sur ce point est pragmatique. La r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale est que les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sont, dans les limites de leur port\u00e9e respective, librement cumulables, sauf exclusions ou arrangements particuliers. Encore faut-il distinguer entre deux situations de cumul : celle dans laquelle deux droits sont invoqu\u00e9s concomitamment (protection simultan\u00e9e), d\u2019une part ; et celle dans laquelle un droit est exerc\u00e9 pour pallier \u00e0 l\u2019insuffisance d\u2019une protection, inapplicable pour cause d\u2019exclusion ou en raison de l\u2019expiration des droits (protection compl\u00e9mentaire ou substitu\u00e9e), d\u2019autre part.\r\n\r\nLa premi\u00e8re situation (protection simultan\u00e9e) ne semble pas poser de probl\u00e8mes particuliers. Dans la mesure o\u00f9, dans une situation de cumul non express\u00e9ment \u00e9cart\u00e9 par la loi, deux droits sont contrefaits en application des r\u00e8gles applicables \u00e0 chaque monopole, le cumul d\u2019actions est envisageable. La Cour F\u00e9d\u00e9rale du Canada a pu l\u2019affirmer dans une hypoth\u00e8se de cumul entre le droit des marques et le droit des dessins ou mod\u00e8les dans l\u2019affaire WCC Containers Sales Ltd. c. Haul-All Equipment Ltd[footnote]<a href=\"https:\/\/ca.vlex.com\/vid\/wcc-containers-sales-v-680597709\">2003 CF 962<\/a> (CanLII), cit\u00e9 in Tomkowicz p. 8.[\/footnote] :\r\n\r\n\u00ab la responsabilit\u00e9 l\u00e9gislative \u00e0 cet \u00e9gard incombe au Parlement et celui-ci n'a pas d\u00e9cid\u00e9 de faire de l'enregistrement des dessins industriels et de l'enregistrement des marques de commerce des protections qui s'excluent l'une l'autre. \u00c9tant donn\u00e9 qu'il a plut\u00f4t d\u00e9cid\u00e9 de restreindre explicitement le chevauchement de la protection des dessins industriels avec celle du droit d'auteur, il faut pr\u00e9sumer qu'il n'a pas jug\u00e9 n\u00e9cessaire de cr\u00e9er un obstacle similaire entre la Loi sur les dessins industriels et la Loi sur les marques de commerce (\u2026) \u00bb[footnote]Para. 64.[\/footnote].\r\n\r\nAux \u00c9tats-Unis, la Cour Supr\u00eame a adopt\u00e9 une position similaire dans le cas d\u2019un cumul entre <em>design patent<\/em> et copyright[footnote]<a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/347\/201\/\"><em>Mazer v. Stein<\/em><\/a>, 347 U.S. 201, 202 (1954): \u00ab\u00a0<em>We do hold that the patentability of the statuettes, fitted as lamps or unfitted, does not bar copyright as works of art. Neither the Copyright Statute nor any other says that because a thing is patentable it may not be copyrighted. We should not so hold<\/em>\u00a0\u00bb.[\/footnote], et la r\u00e8gle est appliqu\u00e9e \u00e0 toutes les sortes de cumul techniquement possibles[footnote]<a href=\"https:\/\/casetext.com\/case\/kohler-co-v-moen-inc\"><em>Kohler Co. v. Moen, Inc.<\/em><\/a> 12 F.3d 632, 638 (7th Cir. 1993): <em>\u00ab\u00a0a product\u2019s different qualities can be protected simultaneously, or successively, by more than one of the statutory means for protection of intellectual property<\/em>\u00a0\u00bb.[\/footnote].\r\n<div>\r\n<div><\/div>\r\n<\/div>\r\nLa seconde situation (protection compl\u00e9mentaire ou substitu\u00e9e) pose des probl\u00e8mes plus d\u00e9licats, notamment lorsqu\u2019un droit est utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019expiration d\u2019un autre droit naturellement applicable \u00e0 l\u2019objet prot\u00e9g\u00e9. L\u2019objectif de protection attach\u00e9 au droit exerc\u00e9 s\u2019oppose alors \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral li\u00e9 \u00e0 l\u2019exploitation d\u2019une cr\u00e9ation tomb\u00e9e dans le domaine public. La jurisprudence am\u00e9ricaine semble ainsi restreindre la possibilit\u00e9 de d\u00e9poser \u00e0 titre de marque le dessin d\u2019une invention objet d\u2019un d\u00e9p\u00f4t de brevet[footnote]V. la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame dans<a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/163\/169\/\"> Singer Mfg. Co. v. June Mfg. Co.<\/a>, 163 U.S. 169, 185 (1896); <a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/305\/111\/\">Kellogg Co. v. National Biscuit Co.<\/a>, 305 U.S. 111, 120 (1938) ; et <a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/326\/249\/\">Scott Paper Co. v. Marcalus Mfg. Co.<\/a>, 326 U.S. 249, 256 (1945) (<em>orbiter dicta<\/em>).[\/footnote]. La possibilit\u00e9 d\u2019invoquer un copyright dans la m\u00eame situation a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement \u00e9cart\u00e9e par la Cour F\u00e9d\u00e9rale du Canada[footnote]<em>Rucker Co. v. Gavel\u2019s Vulcanizing Ltd.<\/em>, (1985) 7 C.P.R. (3rd) 294 (F.C.T.D.), varied (1987) 14 C.P.R. (3rd) 439 (F.C.T.D.), cit\u00e9 in Tomkowicz, op. cit. La Cour y expose son argumentation comme suit: <em>\u00ab\u00a0Most mechanical patents have drawings in connection therewith and the drawings can readily be copyrighted, but when patent infringement protection is no longer available to the owner of the patent it is not desirable that he should be able to extend this protection by application of the Copyright Act to the drawings from which the physical object covered by the patent was constructed, and thereby prevent anyone else from manufacturing the same device, even without the use of the drawings. I strongly believe that it was not the intention of Parliament nor from a practical view is it desirable that the Patent Act, the Copyright Act, and the Industrial Design Act should be interpreted so as to give overlapping protection. Something suitable for industrial design cannot be registered for copyright, as the statute states, and something for which a patent is granted should not also be given double protection for an extended period of time by registering for copyright drawings from which the patented object was made\u00a0\u00bb.<\/em>[\/footnote]. En revanche, la reconstitution (ou la pr\u00e9servation) d\u2019un droit sur un dessin dont le copyright a expir\u00e9 au travers d\u2019une marque d\u00e9pos\u00e9e (exemple des personnages de dessins anim\u00e9s tomb\u00e9s ou sur le point de tomber dans le domaine public d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 titre de marque) ne semble pas avoir donn\u00e9 lieu \u00e0 une jurisprudence restrictive. En toute hypoth\u00e8se, le droit des marques ne saurait constituer un substitut parfait au copyright[footnote]V. <em>infra <\/em>n\u00b048.[\/footnote].\r\n\r\nUne autre illustration de ce probl\u00e8me, propre aux syst\u00e8mes de copyright, tient \u00e0 la possibilit\u00e9 de reconstituer le monopole sur les articles utilitaires exclus de la protection par copyright, au travers du copyright portant sur les dessins de ces articles. Au Royaume-Uni, la Chambre des Lords a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e cette difficult\u00e9 sous l\u2019empire du Copyright Act de 1956, dans l\u2019affaire <em>British Leyland Motor Corp. Ltd. v. Armstrong Patents Co<\/em>[footnote]<a href=\"https:\/\/www.casemine.com\/judgement\/uk\/5a8ff85f60d03e7f57ebee7a\">[1986] UKHL 7<\/a>, v. <em>infra <\/em>n\u00b0281.[\/footnote], qui concernait la protection de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es de v\u00e9hicules automobiles. Le syst\u00e8me alors en vigueur excluait de protection par copyright tout mod\u00e8le entrant dans le champ de la protection des mod\u00e8les d\u00e9pos\u00e9s. Cette exclusion couvrait donc les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es. Cependant les dessins de ces pi\u00e8ces demeuraient prot\u00e9geables en tant qu\u2019\u0153uvres artistiques par un copyright de droit commun, qui interdisait leur reproduction en trois dimensions[footnote]<em>Ibid.<\/em>[\/footnote]. La soci\u00e9t\u00e9 British Leyland, confront\u00e9e \u00e0 la fabrication par la soci\u00e9t\u00e9 Amstrong Patents de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es destin\u00e9es \u00e0 des r\u00e9pliques de ses v\u00e9hicules, invoquait ainsi la contrefa\u00e7on du copyright sur les dessins ayant servi de support \u00e0 la fabrication des pi\u00e8ces. Afin d\u2019\u00e9viter la reconstitution du monopole sur les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es par cette voie, la Chambre des Lords importera une th\u00e9orie de droit des biens interdisant au vendeur de prendre des mesures qui diminuent la valeur de la chose qu\u2019il a vendue (doctrine dite de <em>non-derogation from grants<\/em>) pour exclure la possibilit\u00e9 d\u2019invoquer le copyright dans cette situation[footnote]<em>Ibid.<\/em>[\/footnote]. En r\u00e9action la loi de 1988 introduira la r\u00e8gle selon laquelle le dessin d\u2019un objet exclu de la protection ne permet pas de s\u2019opposer \u00e0 la r\u00e9alisation de cet objet en trois dimensions[footnote]<em>Ibid.<\/em>[\/footnote]. Une telle r\u00e8gle existe dans plusieurs syst\u00e8mes de copyright, et notamment aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 la section 113 du Copyright Act[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/17\/chapter-1\">17 U.S.C.<\/a> \u00a7 113 ( Scope of exclusive rights in pictorial, graphic, and sculptural works).[\/footnote] dispose que le titulaire du copyright dans une \u0153uvre repr\u00e9sentant un article utilitaire (en principe exclu du champ de la protection par copyright) n\u2019a pas plus de droit sur la r\u00e9alisation et l\u2019exploitation de l\u2019article utilitaire repr\u00e9sent\u00e9 que la loi n\u2019en accorde \u00e0 cet article[footnote]: \"(<em>a) Subject to the provisions of subsections (b) and (c) of this section, the exclusive right to reproduce a copyrighted pictorial, graphic, or sculptural work in copies under section 106 includes the right to reproduce the work in or on any kind of article, whether useful or otherwise. (b) This title does not afford, to the owner of copyright in a work that portrays a useful article as such, any greater or lesser rights with respect to the making, distribution, or display of the useful article so portrayed than those afforded to such works under the law, whether title 17 or the common law or statutes of a State, in effect on December 31, 1977, as held applicable and construed by a court in an action brought under this title<\/em>\". V. <em>infra <\/em>n\u00b0196.[\/footnote].\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>48._ Propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et concurrence d\u00e9loyale_<\/strong> La question du cumul entre l\u2019action en contrefa\u00e7on et l\u2019action en concurrence d\u00e9loyale ne se pose pas dans les m\u00eames termes qu\u2019en droit fran\u00e7ais. En effet, il n\u2019existe pas, dans les pays de droit anglo-am\u00e9ricain, de principe g\u00e9n\u00e9ral de concurrence d\u00e9loyale ayant une port\u00e9e similaire au principe d\u00e9gag\u00e9 en droit fran\u00e7ais. Le <em>passing off<\/em> anglais, s\u2019il est un substitut possible \u00e0 l\u2019action en contrefa\u00e7on de marques d\u00e9pos\u00e9es, ne permet pas en principe de sanctionner la copie servile. Quant aux <em>reverse passing off<\/em>, ses conditions sont strictes, et sa port\u00e9e, limit\u00e9e[footnote]V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0472.[\/footnote]. En outre, les conditions li\u00e9es \u00e0 ces formes de responsabilit\u00e9 civile sont tr\u00e8s exigeantes, de sorte que les faits qui fondent l\u2019action en contrefa\u00e7on et l\u2019action en responsabilit\u00e9 civile sont le plus souvent distincts (le <em>passing off<\/em> exigeant par exemple une fausse pr\u00e9sentation \u00e0 un acheteur et un risque de confusion)[footnote]Aux \u00c9tats-Unis les r\u00e8gles de pr\u00e9emption f\u00e9d\u00e9rale ont \u00e9galement pour effet d\u2019imposer aux \u00c9tats, dans la d\u00e9finition de leurs principes de concurrence d\u00e9loyale sanctionnant la copie servile (<em>misappropriation<\/em>), des conditions qui retirent \u00e0 la protection tout caract\u00e8re automatique. V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0473 et 474.[\/footnote]. Ceci explique que le cumul entre <em>passing off<\/em> et action en contrefa\u00e7on soit en principe possible. Aux \u00c9tats-Unis ce cumul s\u2019applique \u00e9galement aux formes de <em>passing off<\/em> et d\u2019<em>unfair competition<\/em> consacr\u00e9es par la loi \u00e9crite, au niveau f\u00e9d\u00e9ral et dans la loi des \u00c9tats.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>49._ Propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et droit de la concurrence_<\/strong> Dans les syst\u00e8mes de droit anglo-am\u00e9ricain les probl\u00e9matiques de concurrence sont intimement li\u00e9es aux questions de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, et ce depuis l\u2019origine.\r\n\r\nComme indiqu\u00e9, la premi\u00e8re loi anglaise sur les brevets, le <em>Statute of Monopolies<\/em> de 1624, est d\u2019abord une loi de pr\u00e9servation de la concurrence (ou de la libert\u00e9 du commerce et de l'industrie, si on pr\u00e9f\u00e8re). Elle abolit, dans son article premier, les monopoles conf\u00e9r\u00e9s par lettres patentes, pour ne laisser subsister, par une exception strictement entendue, qu\u2019un syst\u00e8me automatique de protection des seules inventions nouvelles et utiles[footnote]V. Tome 2, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0280.[\/footnote]. Les pr\u00e9occupations de concurrence r\u00e9apparaissent d\u2019ailleurs aussit\u00f4t au travers de l\u2019interdiction faite au titulaire du brevet d\u2019exploiter son brevet dans un sens contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, en imposant notamment des prix trop \u00e9lev\u00e9s[footnote]<em>Ibid.<\/em>[\/footnote]. En mati\u00e8re de Copyright la loi d\u2019Anne contient des dispositions similaires[footnote]V. <em>infra <\/em>n\u00b075.[\/footnote].\r\n\r\nCes probl\u00e9matiques de concurrence sont pour beaucoup dans la perception g\u00e9n\u00e9rale de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en tant que monopole (qui a son tour met l\u2019accent sur ces aspects)[footnote]Il ne faut pas non plus oublier que le droit moderne de la concurrence, n\u00e9 aux \u00c9tats-Unis avec le Sherman Act de 1890, trouve sa source dans certains aspects de la <em>common law<\/em>, et notamment dans la doctrine de <em>restraint of trade<\/em>, d\u00e9velopp\u00e9e par les cours anglaises depuis le depuis le 17e si\u00e8cle, et appliqu\u00e9e assez naturellement aux accords conclus en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.[\/footnote].\r\n\r\nLa situation est donc tr\u00e8s diff\u00e9rente de la France. Elle se traduit, en droit positif, par une prise en compte beaucoup plus importante, en amont, et en aval, des questions de concurrence.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>50._ L\u2019int\u00e9gration des imp\u00e9ratifs de concurrence_<\/strong> En amont, c\u2019est-\u00e0-dire au stade de la d\u00e9finition du r\u00e9gime des droits exclusifs, on peut en voir des traces dans une s\u00e9rie de r\u00e8gles. Ainsi, au Royaume-Uni, certaines dispositions int\u00e9gr\u00e9es dans les textes de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle viennent limiter l\u2019exercice d\u2019un droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle pour des motifs de concurrence. On peut citer par exemple la section 144 du CDPA 1988, qui donne au Secretary of State, \u00e0 l\u2019Office of Fair Trading \u00e0 la Competition Commission le pouvoir d\u2019accorder des licences dans certaines circonstances, notamment lorsqu\u2019un march\u00e9 restreint a \u00e9merg\u00e9 \u00e0 raison d\u2019une fusion entre deux concurrents, ou la section 48 du Patents Act 1977, qui pr\u00e9voit un cas de licence obligatoire lorsque le refus de contracter affecte le march\u00e9 au Royaume-Uni[footnote]V. Tome 2, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0308.[\/footnote]. Aux \u00c9tats-Unis, on peut en voir une expression en mati\u00e8re de brevets et de copyright dans les doctrines de <em>patent<\/em> et de <em>copyright misuse<\/em>[footnote]V. <em>infra <\/em>n\u00b0263, Tome 2 et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0361. J. B. Kobak, \u00ab The Misuse Defense and Intellectual Property Litigation \u00bb, 1 Boston Univ. Journal of Science &amp; Technology Law 25 (1995) ; J. Webb, L. A. Locke, \u00ab Intellectual Property Misuse: Recent Developments in the Misuse Doctrine \u00bb, 73 J. Pat. &amp; Trademark Off. Soc'y 339 (1991).[\/footnote], qui peuvent, dans certaines circonstances, s\u2019appliquer au-del\u00e0 du cadre strict des infractions pr\u00e9vues par les lois antitrusts. Ou encore, dans la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les marques, m\u00e9lang\u00e9e de dispositions sur la concurrence d\u00e9loyale[footnote]V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0411.[\/footnote].\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>51._ L\u2019application des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales de concurrence_<\/strong> En aval, c'est-\u00e0-dire au stade de l'exploitation des droits, la jurisprudence et les autorit\u00e9s en charge de la concurrence n\u2019ont pas \u00e9pargn\u00e9, loin s\u2019en faut, les titulaires de droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.\r\n\r\nAu Royaume-Uni, les tribunaux appliquent la solution de la CJUE dans l'arr\u00eat <em>Magill<\/em>[footnote]CJCE, 6 avr. 1995, <a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/liste.jsf?num=C-241\/91&amp;language=fr\">RTE et ITP c\/ Commission<\/a>, aff. jtes C-241\/91 p. et C-242\/91 p. : Rec. I, p. 743, \u00a7 50, qui avait jug\u00e9 que \u00ab l'exercice du droit exclusif par le titulaire peut, dans des circonstances exceptionnelles, donner lieu \u00e0 un comportement abusif \u00bb.[\/footnote]. Ainsi en 2002 dans l'affaire <em>Intel vs. Via Technologies<\/em>[footnote]<a href=\"https:\/\/www.casemine.com\/judgement\/uk\/5b46f1fa2c94e0775e7ef49d\">[2002] EWCA Civ 1905<\/a>.[\/footnote], la Cour d'appel de Londres a confirm\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019opposer, dans le cas d\u2019une action en contrefa\u00e7on de brevet, une d\u00e9fense sur le fondement des articles 101 et 102 du Trait\u00e9 FUE[footnote]La soci\u00e9t\u00e9 Intel avait assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 Via en septembre 2001 en contrefa\u00e7on de cinq de ses brevets relatifs aux microprocesseurs qu'elle fabrique. Pour sa d\u00e9fense, Via invoquait les articles 81 et 82 du Trait\u00e9 CE, et notamment le fait que l'action d'Intel et son refus de lui accorder une licence constituaient un abus par Intel de l'exercice de ses droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et de sa position dominante.[\/footnote]. A cette occasion, elle a jug\u00e9 que le titulaire d'un droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en position dominante a l'obligation de ne pas exercer son droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle lorsque cet exercice a pour effet d'exclure ses concurrents du march\u00e9 pertinent ou d'une partie substantielle de celui-ci. La jurisprudence du TPI et de la CJUE, notamment issue des arr\u00eats Ladbroke[footnote]T.P.I., 12 juin 1997,<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=CELEX%3A61993TJ0504\"> Tierc\u00e9 Ladbroke s.a. c\/ Commission<\/a>, aff. C-504\/93, Rec., p.923[\/footnote], Bronner[footnote]CJCE, 26 novembre 1998, <a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=CELEX%3A61997CJ0007\">Oscar Bronner Gmbh et Co. KG c. Mediaprint<\/a>, aff. C-7\/97, Rec., p.7791.[\/footnote] et Ims Health[footnote]<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/HR\/TXT\/?uri=CELEX:62001CJ0418\">IMS Health GmbH &amp; Co. OHG v. NDC Health GmbH &amp; Co. KG<\/a>, aff. C-418\/01, Rec. 2004 I-05039.[\/footnote], fait partie au Royaume-Uni de la jurisprudence de l'UE retenue pour la p\u00e9riode post-brexit[footnote]V. <em>supra<\/em>\u00a0n\u00b032, sous les r\u00e9servers d\u00e9crites.[\/footnote], et est \u00e9videmment applicable en Irlande.\r\n\r\nAux \u00c9tats-Unis, quatre lois f\u00e9d\u00e9rales de concurrence s'appliquent au domaine de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle: le <em>Sherman Act<\/em>[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7\u00a7 1-7.[\/footnote], dont la section 1 interdit les pratiques restrictives du commerce (<em>unreasonable restraints of trade<\/em>) et la section 2 les abus de position dominante (<em>monopolization and attempts to monopolize<\/em>); le <em>Clayton Act<\/em>[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7\u00a7 12-27 et <a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/29\">29 U.S.C.<\/a> \u00a7\u00a7 52-53.[\/footnote] qui interdit les acquisitions restrictives de concurrence[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a>\u00a0\u00a7 18.[\/footnote] et certaines clauses d'exclusivit\u00e9s associ\u00e9es \u00e0 la vente de produits[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7 14.[\/footnote]; le <em>Federal Trade Commission Act<\/em> (FTC Act)[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7 41.[\/footnote], qui sanctionne certaines pratiques d\u00e9loyales[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> 45.[\/footnote]; et le <em>Hart-Scott-Rodino Antitrust Improvements Act of 1976<\/em> (HSR)[footnote]<a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7 18a.[\/footnote], qui permet la suspension pour examen de certains projets de fusion ou d'acquisitions.\r\n\r\nLa jurisprudence dans ce domaine est \u00e0 la fois riche et ancienne, et sanctionne les agissements des titulaires de droits contraires aux r\u00e8gles ou aux principes pos\u00e9s par ces textes[footnote]V. notamment notre compte rendu de l\u2019affaire <em><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/United_States_v._Microsoft_Corp.\">USA v. Microsoft<\/a>, 253 F.3d 34 (D.C. Cir. 2001), <\/em>Com. Comm. \u00c9lectr. n\u00b0 10, Octobre 2001, act. 106. Egalement, M. A. Einhorn, \u00ab Intellectual Property and Antitrust: Music Performing Rights in Broadcasting \u00bb, 24 Colum.-VLA J.L. &amp; Arts 349 (2000-2001) ; S. F. Anthony, \u00ab Antitrust and Intellectual Property Law: From Adversaries to Partners \u00bb, 28 AIPLA Q. J. 1 (2000) ; D. A. Balto, A. M. Wolman, \u00ab Intellectual Property and Antitrust : General Principles \u00bb, 43 IDEA 395 (2003) ; S. B. Opi, \u00ab The Application of the Essential Facilities Doctrine to Intellectual Property Licensing in the European Union and the United States: Are Intellectual Property Rights Till Sacrosanct \u00bb, 11 Fordham Intell. Prop. Media &amp; Ent. L.J. 409 (2000-2001); E. T. Sullivan, \u00ab The Confluence of Antitrust and Intellectual Property at the New Century \u00bb, 1 Minn. Intell. Prop. Rev. [iii] (2000) ; R. A. Posner, \u00ab Transaction Costs and Antitrust Concerns in the Licensing of Intellectual Property \u00bb, 4 J. Marshall Rev. Intell. Prop. L. [i] (2004-2005) ; pour un article ancien, A.C. Hugin, \u00ab Intellectual Property and the Antitrust Laws \u00bb 30 J. Pat. Off. Soc'y 450, 513, 601, 654, 867 (1948).\r\n\r\nSur la question, on consultera les rapports suivants:\u00a0 DOJ and FTC: Antitrust Enforcement and Intellectual Property Rights: Promoting Innovation and Competition (2007) (IP Report); DOJ and FTC: Antitrust Guidelines for the Licensing of Intellectual Property (2017) (IP Guidelines).<span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">[\/footnote]. A noter qu\u2019aux \u00c9tats-Unis les litiges dans ce domaine aboutissent souvent \u00e0 une transaction et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un <\/span><em style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">consent decree<\/em><span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\"> qui, comme son nom ne l\u2019indique pas, n\u2019est pas un d\u00e9cret, mais jugement rendu avec le consentement des parties par lequel le d\u00e9fendeur accepte de mettre fin \u00e0 certaines activit\u00e9s sans pour autant admettre sa responsabilit\u00e9 ou culpabilit\u00e9. Les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019auteurs aux \u00c9tats-Unis op\u00e8rent notamment dans le cadre de <\/span><em style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">consent decrees<\/em><span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">[footnote]V. <\/span><em style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">infra <\/em><span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">n\u00b0257.[\/footnote].<\/span>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>52._ Propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et droits fondamentaux_<\/strong> Dans les syst\u00e8mes de droit anglo-am\u00e9ricain comme ailleurs, et quelquefois plus qu\u2019ailleurs, l\u2019exercice des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, entre en conflit avec certains droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>53._ Au Royaume-Uni_<\/strong> Le Royaume-Uni ne poss\u00e8de pas de constitution \u00e9crite, et ne poss\u00e8de pas non plus de d\u00e9claration des droits similaire \u00e0 celles adopt\u00e9es dans la plupart des pays dot\u00e9s d\u2019une constitution \u00e9crite. En outre, le principe de souverainet\u00e9 du Parlement pose un obstacle th\u00e9orique \u00e0 la reconnaissance de principes fondamentaux \u00e0 valeur supra-l\u00e9gislative. Il ne faudrait cependant pas en d\u00e9duire que les droits fondamentaux n\u2019y sont pas prot\u00e9g\u00e9s. L\u2019imp\u00e9ratif de libert\u00e9 d\u2019expression est pris en compte au travers de principes de <em>common law<\/em>, ou directement dans le cadre d\u2019exceptions l\u00e9gales introduites dans les lois de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Il faut \u00e9galement compter avec les dispositions du <em>Human Rights Act 1998<\/em>, entr\u00e9 en vigueur le 2 octobre 2000, qui transpose les droits prot\u00e9g\u00e9s par la Convention EDH. La jurisprudence d\u00e9velopp\u00e9e sur le Continent sur le fondement de l\u2019article 10 CEDH l\u2019est alors sur le fondement de cette loi. La Cour d'Appel de Londres a ainsi eu \u00e0 se prononcer sur le conflit entre copyright et libert\u00e9 d'expression en 2001 dans l'affaire <em>Ashdown v. Telegraph Group Ltd<\/em>[footnote]<a href=\"https:\/\/www.casemine.com\/judgement\/uk\/5a8ff71760d03e7f57ea7612\">[2001] EWCA Civ 1142<\/a>. L\u2019affaire concernait la reproduction non autoris\u00e9e par un journal du rapport confidentiel d'une r\u00e9union politique secr\u00e8te du parti travailliste et du parti lib\u00e9ral d\u00e9mocrate \u00e0 l'issue des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de mai 1997. Outre certaines exceptions l\u00e9gales difficilement applicables en l'esp\u00e8ce, le journal anglais invoquait le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression et l'article 10 CEDH. La <em>Chancery Division de la High Court<\/em> de Londres avait jug\u00e9 que l'article 10 CEDH ne pouvait justifier de nouvelles exceptions au copyright en dehors de la liste l\u00e9gale. La Cour avait not\u00e9 que le copyright constitue une restriction au droit \u00e0 l'information du public issu de l'article 10 CEDH, et que les dispositions de cet article s'appliquaient en l'esp\u00e8ce. N\u00e9anmoins, elle avait jug\u00e9 qu'il n'\u00e9tait pas n\u00e9cessaire de consid\u00e9rer les faits de chaque esp\u00e8ce pour d\u00e9terminer si la restriction impos\u00e9e par la loi va au-del\u00e0 de ce qui est \u00ab\u00a0n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb (principe de proportionnalit\u00e9 de l'atteinte aux objectifs l\u00e9gitimes prot\u00e9g\u00e9s), au sens de l'article 10 CEDH. La Cour avait en effet consid\u00e9r\u00e9 que la balance des int\u00e9r\u00eats des titulaires de copyright et des int\u00e9r\u00eats du public avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e de mani\u00e8re satisfaisante dans le <em>Copyright Act.<\/em> Dans son arr\u00eat la Cour d'Appel juge au contraire \u00ab\u00a0que dans de rares circonstances le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression entre en conflit avec la protection conf\u00e9r\u00e9e par le Copyright Act, nonobstant les exceptions expresses qui s'y trouvent\u00a0\u00bb. Elle ajoute : \u00ab\u00a0dans ces circonstances, nous consid\u00e9rons qu'un tribunal doit, dans la mesure o\u00f9 il le peut, appliquer le Copyright Act de mani\u00e8re \u00e0 accommoder le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression. Ceci implique n\u00e9cessairement l'examen attentif par le tribunal des faits de l'esp\u00e8ce (tout comme cela est n\u00e9cessaire \u00e0 chaque fois qu'une exception de <em>fair dealing <\/em>est soulev\u00e9e)\u00a0\u00bb (n\u00b045). Elle rejette cependant l'appel, en soulignant la l\u00e9gitimit\u00e9 de la demande p\u00e9cuniaire form\u00e9e par le titulaire des droits, contest\u00e9e au principal\u00a0: \u00ab\u00a0La premi\u00e8re fa\u00e7on [d'appliquer le Copyright Act de mani\u00e8re \u00e0 accomoder le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression] serait de refuser d'accorder une injonction [contre la publication]. Dans la plupart des cas, il nous semble qu'une telle mesure serait suffisante. Si un journal consid\u00e8re qu'il est n\u00e9cessaire de copier les mots exacts utilis\u00e9s par un autre, nous ne voyons aucune raison de principe pour que le journal n'indemnise pas l'auteur pour les pertes subies, ou pour les gains r\u00e9sultant de la copie de son oeuvre. La libert\u00e9 d'expression ne devrait pas normalement entra\u00eener le droit d'utiliser gratuitement le travail d'autrui\u00a0\u00bb (n\u00b046).[\/footnote], et a sur ce point anticip\u00e9 la position de la CEDH d\u00e9sormais exprim\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat Ashby Donald[footnote]CEDH, 10 janvier 2013, <a href=\"https:\/\/hudoc.echr.coe.int\/fre#{%22itemid%22:[%22001-115845%22]}\"><em>Ashby Donald et autres c<\/em>. <em>France<\/em><\/a>, Req. n\u00b036769\/08, JCP G 2013.397.[\/footnote].\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>54._ Aux Etats-Unis_<\/strong> Le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression (<em>free speech<\/em>) est garanti par le Premier amendement \u00e0 la Constitution f\u00e9d\u00e9rale[footnote]\u00ab Le Congr\u00e8s ne fera aucune loi qui touche l'\u00e9tablissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la libert\u00e9 de la parole ou de la presse (\u2026)\u00a0\u00bb[\/footnote]. Il a \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. La jurisprudence sur ce point n\u2019est pas sans rappeler celle qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e en France et en Europe sur le fondement de l\u2019article 10 de la convention EDH. Elle est cependant plus ancienne et abondante.\r\n\r\nEn copyright, les tentatives pour \u00e9tendre, sur le fondement du Premier amendement, les exceptions existantes (notamment le <em>fair use<\/em>) pour instituer d\u2019autres exceptions ont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9chou\u00e9 devant les tribunaux, qui consid\u00e8rent que les objectifs constitutionnels sont suffisamment pris en compte, \u00e0 la fois dans les exceptions existantes et dans certaines limites inh\u00e9rentes \u00e0 la protection[footnote]V. <a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/471\/539\/\">Harper &amp; Row Publishers, Inc. v. Nation Enterprises<\/a>, 471 U.S. 539, 556 (1985) (rejet de l\u2019argument tir\u00e9 du premier amendement pour tenter de justifier la publication non autoris\u00e9e des m\u00e9moires du pr\u00e9sident Gerald Ford) ;<a href=\"https:\/\/casetext.com\/case\/a-m-records-inc-v-napster-inc-3\">A &amp; M Records Inc and ors v Napster Inc<\/a>, 239 F 3d 1004 (9th Cir 2001 ) (rejet de l\u2019argument tir\u00e9 du premier amendement pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019application d\u2019une injonction contre le t\u00e9l\u00e9chargement ill\u00e9gal sur un r\u00e9seau pair \u00e0 pair); <a href=\"https:\/\/casetext.com\/case\/universal-city-studios-inc-v-corley\">Universal City Studios Inc and others v Corley and others<\/a>, 273 F 3d 429 (2d Cir 2001 ) (rejet de l\u2019argument oppos\u00e9 dans le cadre d\u2019une action contre le contournement de mesures de protection contre la copie de DVD).[\/footnote]. Les arguments fond\u00e9s sur le Premier amendement contre l\u2019extension de la dur\u00e9e de protection du copyright[footnote]<a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/537\/186\/\">Eldred v. Ashcroft<\/a>, 537 U.S. 186, 219-20 (2003), V. <em>infra <\/em>n\u00b0254.[\/footnote] ou contre la restauration de certains copyright faisant suite \u00e0 l\u2019adoption de l\u2019Uruguay Round Agreements Act[footnote]Golan v. Gonzales, 501 F.3d 1179 (10th Cir. 2007). V. Christian Arizmendi, Golan v. Gonzalez 501 F.3D 1179 (10TH CIR. 2007), <a href=\"https:\/\/via.library.depaul.edu\/cgi\/viewcontent.cgi?article=1150&amp;context=jatip\">18 DePaul J. Art, Tech. &amp; Intell. Prop. L. 441 (2008)<\/a>.[\/footnote] ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s.\r\n\r\nEn mati\u00e8re de marques et de signes distinctifs, la port\u00e9e du Premier amendement est limit\u00e9e par le fait que la marque constitue, selon la jurisprudence, un discours de nature commerciale b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une protection constitutionnelle moins \u00e9tendue. Le Premier amendement a cependant une fonction importante en mati\u00e8re de parodie de marques[footnote]V. <em>infra <\/em>n\u00b0242.[\/footnote].\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong>55._ En Australie et au Canada_<\/strong>[footnote]V. Y. Gendreau, Copyright and Freedom of Expression in Canada, in P.L.C. Torremans (ed.), Copyright and Human Rights, Kluwer 2004, pp. 21-36.[\/footnote] La constitution australienne ne contient pas de d\u00e9claration des droits, ni de loi \u00e9crite consacrant le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. Cependant en 1992 dans l\u2019arr\u00eat <em>Nationwide News Pty Ltd v Wills<\/em>[footnote]<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Nationwide_News_Pty_Ltd_v_Wills\">(1992) 177 CLR 1<\/a>. V. \u00e9galement <em>Lange v Australian Broadcasting Corporation<\/em> (1997) <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Lange_v_Australian_Broadcasting_Corporation\">189 CLR 520<\/a>.[\/footnote] la High Court a jug\u00e9 qu\u2019il existait en droit australien un droit constitutionnel implicite \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression politique. Ce droit ne semble pas avoir donn\u00e9 lieu \u00e0 une jurisprudence en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.\r\n\r\nSous cette r\u00e9serve, la situation est similaire \u00e0 celle du Royaume-Uni avant l\u2019adoption du <em>Human Rights Act<\/em> de 1998. L\u2019imp\u00e9ratif de libert\u00e9 d\u2019expression est pris en compte au travers de principes de <em>common law<\/em>, ou directement dans le cadre d\u2019exceptions l\u00e9gales introduites dans les l\u00e9gislations de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.\r\n\r\nPar contraste, au Canada la loi constitutionnelle contient une d\u00e9claration des droits, la Charte canadienne des droits et libert\u00e9s[footnote]Qui date de 1982 et succ\u00e8de \u00e0 la une pr\u00e9c\u00e9dente charte adopt\u00e9e en 1960.[\/footnote]. Cette charte n\u2019a pas valeur constitutionnelle, mais constitue une loi f\u00e9d\u00e9rale. Le droit \u00e0 la libert\u00e9 expression y est consacr\u00e9[footnote]Section 2(b).[\/footnote]. Contrairement \u00e0 d\u2019autres domaines du droit, et \u00e0 la situation aux \u00c9tats-Unis, le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression ne semble pas avoir eu un impact important dans le domaine de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en g\u00e9n\u00e9ral, et du droit d\u2019auteur en particulier[footnote]V. Y. Gendreau, art. pr\u00e9cit\u00e9, qui explique cet \u00e9tat de fait par la prise en compte des imp\u00e9ratifs de libert\u00e9 d\u2019expression dans la loi de droit d\u2019auteur.[\/footnote]. La Charte des droits et libert\u00e9s peut cependant constituer une d\u00e9fense autonome \u00e0 une action en contrefa\u00e7on[footnote]En mati\u00e8re de droit d\u2019auteur, depuis <em>R. v. James Lorimer &amp; Co. Ltd.<\/em> [1984] 77 C.P.R. (2d) 262 (Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale), cit\u00e9 et comment\u00e9 (avec d\u2019autres d\u00e9cisions canadiennes) in Y. Gendreau, art.pr\u00e9cit\u00e9, p. 30.[\/footnote].\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;","rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>47._ Le cumul des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle_<\/strong><a class=\"footnote\" title=\"Sur ces questions, R. Tomkowicz, Intellectual property overlaps, Routlege 2012; N. Wilkof et S. Basheer, Overlapping Intellectual Property Rights, Oxford University Press 2012; E. Derclaye, M. Leistner, Intellectual Property Overlaps\u00a0: A European Perspective, Bloomsbury publishing, 2011; L.A. Heymann, \u00ab\u00a0Overlapping Intellectual Property Doctrines\u00a0: Election of Rights Versus Selection of Remedies\u00a0\u00bb, 17 Stan. Tech. L. Rev. 239 (2013)\u00a0; V. R. Moffat, \u00ab\u00a0Mutant Copyrights and Backdoor Patents: The Problem of Overlapping Intellectual Property Protection\u00a0\u00bb, 19 Berkeley Tech. L.J. 1473, 1496 (2004).\" id=\"return-footnote-128-1\" href=\"#footnote-128-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> Les probl\u00e8mes pos\u00e9s par le cumul ou le voisinage de droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sur un m\u00eame objet ne se posent pas de fa\u00e7on fondamentalement diff\u00e9rente dans les syst\u00e8mes de droit anglo-am\u00e9ricain et dans les syst\u00e8mes de droit civil. La question ne fait pas l\u2019objet d\u2019un r\u00e8glement global, et l\u2019approche des tribunaux sur ce point est pragmatique. La r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale est que les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sont, dans les limites de leur port\u00e9e respective, librement cumulables, sauf exclusions ou arrangements particuliers. Encore faut-il distinguer entre deux situations de cumul : celle dans laquelle deux droits sont invoqu\u00e9s concomitamment (protection simultan\u00e9e), d\u2019une part ; et celle dans laquelle un droit est exerc\u00e9 pour pallier \u00e0 l\u2019insuffisance d\u2019une protection, inapplicable pour cause d\u2019exclusion ou en raison de l\u2019expiration des droits (protection compl\u00e9mentaire ou substitu\u00e9e), d\u2019autre part.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re situation (protection simultan\u00e9e) ne semble pas poser de probl\u00e8mes particuliers. Dans la mesure o\u00f9, dans une situation de cumul non express\u00e9ment \u00e9cart\u00e9 par la loi, deux droits sont contrefaits en application des r\u00e8gles applicables \u00e0 chaque monopole, le cumul d\u2019actions est envisageable. La Cour F\u00e9d\u00e9rale du Canada a pu l\u2019affirmer dans une hypoth\u00e8se de cumul entre le droit des marques et le droit des dessins ou mod\u00e8les dans l\u2019affaire WCC Containers Sales Ltd. c. Haul-All Equipment Ltd<a class=\"footnote\" title=\"2003 CF 962 (CanLII), cit\u00e9 in Tomkowicz p. 8.\" id=\"return-footnote-128-2\" href=\"#footnote-128-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> :<\/p>\n<p>\u00ab la responsabilit\u00e9 l\u00e9gislative \u00e0 cet \u00e9gard incombe au Parlement et celui-ci n&rsquo;a pas d\u00e9cid\u00e9 de faire de l&rsquo;enregistrement des dessins industriels et de l&rsquo;enregistrement des marques de commerce des protections qui s&rsquo;excluent l&rsquo;une l&rsquo;autre. \u00c9tant donn\u00e9 qu&rsquo;il a plut\u00f4t d\u00e9cid\u00e9 de restreindre explicitement le chevauchement de la protection des dessins industriels avec celle du droit d&rsquo;auteur, il faut pr\u00e9sumer qu&rsquo;il n&rsquo;a pas jug\u00e9 n\u00e9cessaire de cr\u00e9er un obstacle similaire entre la Loi sur les dessins industriels et la Loi sur les marques de commerce (\u2026) \u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Para. 64.\" id=\"return-footnote-128-3\" href=\"#footnote-128-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, la Cour Supr\u00eame a adopt\u00e9 une position similaire dans le cas d\u2019un cumul entre <em>design patent<\/em> et copyright<a class=\"footnote\" title=\"Mazer v. Stein, 347 U.S. 201, 202 (1954): \u00ab\u00a0We do hold that the patentability of the statuettes, fitted as lamps or unfitted, does not bar copyright as works of art. Neither the Copyright Statute nor any other says that because a thing is patentable it may not be copyrighted. We should not so hold\u00a0\u00bb.\" id=\"return-footnote-128-4\" href=\"#footnote-128-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>, et la r\u00e8gle est appliqu\u00e9e \u00e0 toutes les sortes de cumul techniquement possibles<a class=\"footnote\" title=\"Kohler Co. v. Moen, Inc. 12 F.3d 632, 638 (7th Cir. 1993): \u00ab\u00a0a product\u2019s different qualities can be protected simultaneously, or successively, by more than one of the statutory means for protection of intellectual property\u00a0\u00bb.\" id=\"return-footnote-128-5\" href=\"#footnote-128-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<p>La seconde situation (protection compl\u00e9mentaire ou substitu\u00e9e) pose des probl\u00e8mes plus d\u00e9licats, notamment lorsqu\u2019un droit est utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019expiration d\u2019un autre droit naturellement applicable \u00e0 l\u2019objet prot\u00e9g\u00e9. L\u2019objectif de protection attach\u00e9 au droit exerc\u00e9 s\u2019oppose alors \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral li\u00e9 \u00e0 l\u2019exploitation d\u2019une cr\u00e9ation tomb\u00e9e dans le domaine public. La jurisprudence am\u00e9ricaine semble ainsi restreindre la possibilit\u00e9 de d\u00e9poser \u00e0 titre de marque le dessin d\u2019une invention objet d\u2019un d\u00e9p\u00f4t de brevet<a class=\"footnote\" title=\"V. la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame dans Singer Mfg. Co. v. June Mfg. Co., 163 U.S. 169, 185 (1896); Kellogg Co. v. National Biscuit Co., 305 U.S. 111, 120 (1938) ; et Scott Paper Co. v. Marcalus Mfg. Co., 326 U.S. 249, 256 (1945) (orbiter dicta).\" id=\"return-footnote-128-6\" href=\"#footnote-128-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a>. La possibilit\u00e9 d\u2019invoquer un copyright dans la m\u00eame situation a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement \u00e9cart\u00e9e par la Cour F\u00e9d\u00e9rale du Canada<a class=\"footnote\" title=\"Rucker Co. v. Gavel\u2019s Vulcanizing Ltd., (1985) 7 C.P.R. (3rd) 294 (F.C.T.D.), varied (1987) 14 C.P.R. (3rd) 439 (F.C.T.D.), cit\u00e9 in Tomkowicz, op. cit. La Cour y expose son argumentation comme suit: \u00ab\u00a0Most mechanical patents have drawings in connection therewith and the drawings can readily be copyrighted, but when patent infringement protection is no longer available to the owner of the patent it is not desirable that he should be able to extend this protection by application of the Copyright Act to the drawings from which the physical object covered by the patent was constructed, and thereby prevent anyone else from manufacturing the same device, even without the use of the drawings. I strongly believe that it was not the intention of Parliament nor from a practical view is it desirable that the Patent Act, the Copyright Act, and the Industrial Design Act should be interpreted so as to give overlapping protection. Something suitable for industrial design cannot be registered for copyright, as the statute states, and something for which a patent is granted should not also be given double protection for an extended period of time by registering for copyright drawings from which the patented object was made\u00a0\u00bb.\" id=\"return-footnote-128-7\" href=\"#footnote-128-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>. En revanche, la reconstitution (ou la pr\u00e9servation) d\u2019un droit sur un dessin dont le copyright a expir\u00e9 au travers d\u2019une marque d\u00e9pos\u00e9e (exemple des personnages de dessins anim\u00e9s tomb\u00e9s ou sur le point de tomber dans le domaine public d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 titre de marque) ne semble pas avoir donn\u00e9 lieu \u00e0 une jurisprudence restrictive. En toute hypoth\u00e8se, le droit des marques ne saurait constituer un substitut parfait au copyright<a class=\"footnote\" title=\"V. infra n\u00b048.\" id=\"return-footnote-128-8\" href=\"#footnote-128-8\" aria-label=\"Footnote 8\"><sup class=\"footnote\">[8]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Une autre illustration de ce probl\u00e8me, propre aux syst\u00e8mes de copyright, tient \u00e0 la possibilit\u00e9 de reconstituer le monopole sur les articles utilitaires exclus de la protection par copyright, au travers du copyright portant sur les dessins de ces articles. Au Royaume-Uni, la Chambre des Lords a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e cette difficult\u00e9 sous l\u2019empire du Copyright Act de 1956, dans l\u2019affaire <em>British Leyland Motor Corp. Ltd. v. Armstrong Patents Co<\/em><a class=\"footnote\" title=\"[1986] UKHL 7, v. infra n\u00b0281.\" id=\"return-footnote-128-9\" href=\"#footnote-128-9\" aria-label=\"Footnote 9\"><sup class=\"footnote\">[9]<\/sup><\/a>, qui concernait la protection de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es de v\u00e9hicules automobiles. Le syst\u00e8me alors en vigueur excluait de protection par copyright tout mod\u00e8le entrant dans le champ de la protection des mod\u00e8les d\u00e9pos\u00e9s. Cette exclusion couvrait donc les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es. Cependant les dessins de ces pi\u00e8ces demeuraient prot\u00e9geables en tant qu\u2019\u0153uvres artistiques par un copyright de droit commun, qui interdisait leur reproduction en trois dimensions<a class=\"footnote\" title=\"Ibid.\" id=\"return-footnote-128-10\" href=\"#footnote-128-10\" aria-label=\"Footnote 10\"><sup class=\"footnote\">[10]<\/sup><\/a>. La soci\u00e9t\u00e9 British Leyland, confront\u00e9e \u00e0 la fabrication par la soci\u00e9t\u00e9 Amstrong Patents de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es destin\u00e9es \u00e0 des r\u00e9pliques de ses v\u00e9hicules, invoquait ainsi la contrefa\u00e7on du copyright sur les dessins ayant servi de support \u00e0 la fabrication des pi\u00e8ces. Afin d\u2019\u00e9viter la reconstitution du monopole sur les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es par cette voie, la Chambre des Lords importera une th\u00e9orie de droit des biens interdisant au vendeur de prendre des mesures qui diminuent la valeur de la chose qu\u2019il a vendue (doctrine dite de <em>non-derogation from grants<\/em>) pour exclure la possibilit\u00e9 d\u2019invoquer le copyright dans cette situation<a class=\"footnote\" title=\"Ibid.\" id=\"return-footnote-128-11\" href=\"#footnote-128-11\" aria-label=\"Footnote 11\"><sup class=\"footnote\">[11]<\/sup><\/a>. En r\u00e9action la loi de 1988 introduira la r\u00e8gle selon laquelle le dessin d\u2019un objet exclu de la protection ne permet pas de s\u2019opposer \u00e0 la r\u00e9alisation de cet objet en trois dimensions<a class=\"footnote\" title=\"Ibid.\" id=\"return-footnote-128-12\" href=\"#footnote-128-12\" aria-label=\"Footnote 12\"><sup class=\"footnote\">[12]<\/sup><\/a>. Une telle r\u00e8gle existe dans plusieurs syst\u00e8mes de copyright, et notamment aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 la section 113 du Copyright Act<a class=\"footnote\" title=\"17 U.S.C. \u00a7 113 ( Scope of exclusive rights in pictorial, graphic, and sculptural works).\" id=\"return-footnote-128-13\" href=\"#footnote-128-13\" aria-label=\"Footnote 13\"><sup class=\"footnote\">[13]<\/sup><\/a> dispose que le titulaire du copyright dans une \u0153uvre repr\u00e9sentant un article utilitaire (en principe exclu du champ de la protection par copyright) n\u2019a pas plus de droit sur la r\u00e9alisation et l\u2019exploitation de l\u2019article utilitaire repr\u00e9sent\u00e9 que la loi n\u2019en accorde \u00e0 cet article<a class=\"footnote\" title=\": &quot;(a) Subject to the provisions of subsections (b) and (c) of this section, the exclusive right to reproduce a copyrighted pictorial, graphic, or sculptural work in copies under section 106 includes the right to reproduce the work in or on any kind of article, whether useful or otherwise. (b) This title does not afford, to the owner of copyright in a work that portrays a useful article as such, any greater or lesser rights with respect to the making, distribution, or display of the useful article so portrayed than those afforded to such works under the law, whether title 17 or the common law or statutes of a State, in effect on December 31, 1977, as held applicable and construed by a court in an action brought under this title&quot;. V. infra n\u00b0196.\" id=\"return-footnote-128-14\" href=\"#footnote-128-14\" aria-label=\"Footnote 14\"><sup class=\"footnote\">[14]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>48._ Propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et concurrence d\u00e9loyale_<\/strong> La question du cumul entre l\u2019action en contrefa\u00e7on et l\u2019action en concurrence d\u00e9loyale ne se pose pas dans les m\u00eames termes qu\u2019en droit fran\u00e7ais. En effet, il n\u2019existe pas, dans les pays de droit anglo-am\u00e9ricain, de principe g\u00e9n\u00e9ral de concurrence d\u00e9loyale ayant une port\u00e9e similaire au principe d\u00e9gag\u00e9 en droit fran\u00e7ais. Le <em>passing off<\/em> anglais, s\u2019il est un substitut possible \u00e0 l\u2019action en contrefa\u00e7on de marques d\u00e9pos\u00e9es, ne permet pas en principe de sanctionner la copie servile. Quant aux <em>reverse passing off<\/em>, ses conditions sont strictes, et sa port\u00e9e, limit\u00e9e<a class=\"footnote\" title=\"V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0472.\" id=\"return-footnote-128-15\" href=\"#footnote-128-15\" aria-label=\"Footnote 15\"><sup class=\"footnote\">[15]<\/sup><\/a>. En outre, les conditions li\u00e9es \u00e0 ces formes de responsabilit\u00e9 civile sont tr\u00e8s exigeantes, de sorte que les faits qui fondent l\u2019action en contrefa\u00e7on et l\u2019action en responsabilit\u00e9 civile sont le plus souvent distincts (le <em>passing off<\/em> exigeant par exemple une fausse pr\u00e9sentation \u00e0 un acheteur et un risque de confusion)<a class=\"footnote\" title=\"Aux \u00c9tats-Unis les r\u00e8gles de pr\u00e9emption f\u00e9d\u00e9rale ont \u00e9galement pour effet d\u2019imposer aux \u00c9tats, dans la d\u00e9finition de leurs principes de concurrence d\u00e9loyale sanctionnant la copie servile (misappropriation), des conditions qui retirent \u00e0 la protection tout caract\u00e8re automatique. V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0473 et 474.\" id=\"return-footnote-128-16\" href=\"#footnote-128-16\" aria-label=\"Footnote 16\"><sup class=\"footnote\">[16]<\/sup><\/a>. Ceci explique que le cumul entre <em>passing off<\/em> et action en contrefa\u00e7on soit en principe possible. Aux \u00c9tats-Unis ce cumul s\u2019applique \u00e9galement aux formes de <em>passing off<\/em> et d\u2019<em>unfair competition<\/em> consacr\u00e9es par la loi \u00e9crite, au niveau f\u00e9d\u00e9ral et dans la loi des \u00c9tats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>49._ Propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et droit de la concurrence_<\/strong> Dans les syst\u00e8mes de droit anglo-am\u00e9ricain les probl\u00e9matiques de concurrence sont intimement li\u00e9es aux questions de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, et ce depuis l\u2019origine.<\/p>\n<p>Comme indiqu\u00e9, la premi\u00e8re loi anglaise sur les brevets, le <em>Statute of Monopolies<\/em> de 1624, est d\u2019abord une loi de pr\u00e9servation de la concurrence (ou de la libert\u00e9 du commerce et de l&rsquo;industrie, si on pr\u00e9f\u00e8re). Elle abolit, dans son article premier, les monopoles conf\u00e9r\u00e9s par lettres patentes, pour ne laisser subsister, par une exception strictement entendue, qu\u2019un syst\u00e8me automatique de protection des seules inventions nouvelles et utiles<a class=\"footnote\" title=\"V. Tome 2, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0280.\" id=\"return-footnote-128-17\" href=\"#footnote-128-17\" aria-label=\"Footnote 17\"><sup class=\"footnote\">[17]<\/sup><\/a>. Les pr\u00e9occupations de concurrence r\u00e9apparaissent d\u2019ailleurs aussit\u00f4t au travers de l\u2019interdiction faite au titulaire du brevet d\u2019exploiter son brevet dans un sens contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, en imposant notamment des prix trop \u00e9lev\u00e9s<a class=\"footnote\" title=\"Ibid.\" id=\"return-footnote-128-18\" href=\"#footnote-128-18\" aria-label=\"Footnote 18\"><sup class=\"footnote\">[18]<\/sup><\/a>. En mati\u00e8re de Copyright la loi d\u2019Anne contient des dispositions similaires<a class=\"footnote\" title=\"V. infra n\u00b075.\" id=\"return-footnote-128-19\" href=\"#footnote-128-19\" aria-label=\"Footnote 19\"><sup class=\"footnote\">[19]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ces probl\u00e9matiques de concurrence sont pour beaucoup dans la perception g\u00e9n\u00e9rale de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en tant que monopole (qui a son tour met l\u2019accent sur ces aspects)<a class=\"footnote\" title=\"Il ne faut pas non plus oublier que le droit moderne de la concurrence, n\u00e9 aux \u00c9tats-Unis avec le Sherman Act de 1890, trouve sa source dans certains aspects de la common law, et notamment dans la doctrine de restraint of trade, d\u00e9velopp\u00e9e par les cours anglaises depuis le depuis le 17e si\u00e8cle, et appliqu\u00e9e assez naturellement aux accords conclus en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.\" id=\"return-footnote-128-20\" href=\"#footnote-128-20\" aria-label=\"Footnote 20\"><sup class=\"footnote\">[20]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La situation est donc tr\u00e8s diff\u00e9rente de la France. Elle se traduit, en droit positif, par une prise en compte beaucoup plus importante, en amont, et en aval, des questions de concurrence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>50._ L\u2019int\u00e9gration des imp\u00e9ratifs de concurrence_<\/strong> En amont, c\u2019est-\u00e0-dire au stade de la d\u00e9finition du r\u00e9gime des droits exclusifs, on peut en voir des traces dans une s\u00e9rie de r\u00e8gles. Ainsi, au Royaume-Uni, certaines dispositions int\u00e9gr\u00e9es dans les textes de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle viennent limiter l\u2019exercice d\u2019un droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle pour des motifs de concurrence. On peut citer par exemple la section 144 du CDPA 1988, qui donne au Secretary of State, \u00e0 l\u2019Office of Fair Trading \u00e0 la Competition Commission le pouvoir d\u2019accorder des licences dans certaines circonstances, notamment lorsqu\u2019un march\u00e9 restreint a \u00e9merg\u00e9 \u00e0 raison d\u2019une fusion entre deux concurrents, ou la section 48 du Patents Act 1977, qui pr\u00e9voit un cas de licence obligatoire lorsque le refus de contracter affecte le march\u00e9 au Royaume-Uni<a class=\"footnote\" title=\"V. Tome 2, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0308.\" id=\"return-footnote-128-21\" href=\"#footnote-128-21\" aria-label=\"Footnote 21\"><sup class=\"footnote\">[21]<\/sup><\/a>. Aux \u00c9tats-Unis, on peut en voir une expression en mati\u00e8re de brevets et de copyright dans les doctrines de <em>patent<\/em> et de <em>copyright misuse<\/em><a class=\"footnote\" title=\"V. infra n\u00b0263, Tome 2 et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0361. J. B. Kobak, \u00ab The Misuse Defense and Intellectual Property Litigation \u00bb, 1 Boston Univ. Journal of Science &amp; Technology Law 25 (1995) ; J. Webb, L. A. Locke, \u00ab Intellectual Property Misuse: Recent Developments in the Misuse Doctrine \u00bb, 73 J. Pat. &amp; Trademark Off. Soc'y 339 (1991).\" id=\"return-footnote-128-22\" href=\"#footnote-128-22\" aria-label=\"Footnote 22\"><sup class=\"footnote\">[22]<\/sup><\/a>, qui peuvent, dans certaines circonstances, s\u2019appliquer au-del\u00e0 du cadre strict des infractions pr\u00e9vues par les lois antitrusts. Ou encore, dans la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les marques, m\u00e9lang\u00e9e de dispositions sur la concurrence d\u00e9loyale<a class=\"footnote\" title=\"V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0411.\" id=\"return-footnote-128-23\" href=\"#footnote-128-23\" aria-label=\"Footnote 23\"><sup class=\"footnote\">[23]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>51._ L\u2019application des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales de concurrence_<\/strong> En aval, c&rsquo;est-\u00e0-dire au stade de l&rsquo;exploitation des droits, la jurisprudence et les autorit\u00e9s en charge de la concurrence n\u2019ont pas \u00e9pargn\u00e9, loin s\u2019en faut, les titulaires de droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<p>Au Royaume-Uni, les tribunaux appliquent la solution de la CJUE dans l&rsquo;arr\u00eat <em>Magill<\/em><a class=\"footnote\" title=\"CJCE, 6 avr. 1995, RTE et ITP c\/ Commission, aff. jtes C-241\/91 p. et C-242\/91 p. : Rec. I, p. 743, \u00a7 50, qui avait jug\u00e9 que \u00ab l'exercice du droit exclusif par le titulaire peut, dans des circonstances exceptionnelles, donner lieu \u00e0 un comportement abusif \u00bb.\" id=\"return-footnote-128-24\" href=\"#footnote-128-24\" aria-label=\"Footnote 24\"><sup class=\"footnote\">[24]<\/sup><\/a>. Ainsi en 2002 dans l&rsquo;affaire <em>Intel vs. Via Technologies<\/em><a class=\"footnote\" title=\"[2002] EWCA Civ 1905.\" id=\"return-footnote-128-25\" href=\"#footnote-128-25\" aria-label=\"Footnote 25\"><sup class=\"footnote\">[25]<\/sup><\/a>, la Cour d&rsquo;appel de Londres a confirm\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019opposer, dans le cas d\u2019une action en contrefa\u00e7on de brevet, une d\u00e9fense sur le fondement des articles 101 et 102 du Trait\u00e9 FUE<a class=\"footnote\" title=\"La soci\u00e9t\u00e9 Intel avait assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 Via en septembre 2001 en contrefa\u00e7on de cinq de ses brevets relatifs aux microprocesseurs qu'elle fabrique. Pour sa d\u00e9fense, Via invoquait les articles 81 et 82 du Trait\u00e9 CE, et notamment le fait que l'action d'Intel et son refus de lui accorder une licence constituaient un abus par Intel de l'exercice de ses droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et de sa position dominante.\" id=\"return-footnote-128-26\" href=\"#footnote-128-26\" aria-label=\"Footnote 26\"><sup class=\"footnote\">[26]<\/sup><\/a>. A cette occasion, elle a jug\u00e9 que le titulaire d&rsquo;un droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en position dominante a l&rsquo;obligation de ne pas exercer son droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle lorsque cet exercice a pour effet d&rsquo;exclure ses concurrents du march\u00e9 pertinent ou d&rsquo;une partie substantielle de celui-ci. La jurisprudence du TPI et de la CJUE, notamment issue des arr\u00eats Ladbroke<a class=\"footnote\" title=\"T.P.I., 12 juin 1997, Tierc\u00e9 Ladbroke s.a. c\/ Commission, aff. C-504\/93, Rec., p.923\" id=\"return-footnote-128-27\" href=\"#footnote-128-27\" aria-label=\"Footnote 27\"><sup class=\"footnote\">[27]<\/sup><\/a>, Bronner<a class=\"footnote\" title=\"CJCE, 26 novembre 1998, Oscar Bronner Gmbh et Co. KG c. Mediaprint, aff. C-7\/97, Rec., p.7791.\" id=\"return-footnote-128-28\" href=\"#footnote-128-28\" aria-label=\"Footnote 28\"><sup class=\"footnote\">[28]<\/sup><\/a> et Ims Health<a class=\"footnote\" title=\"IMS Health GmbH &amp; Co. OHG v. NDC Health GmbH &amp; Co. KG, aff. C-418\/01, Rec. 2004 I-05039.\" id=\"return-footnote-128-29\" href=\"#footnote-128-29\" aria-label=\"Footnote 29\"><sup class=\"footnote\">[29]<\/sup><\/a>, fait partie au Royaume-Uni de la jurisprudence de l&rsquo;UE retenue pour la p\u00e9riode post-brexit<a class=\"footnote\" title=\"V. supra\u00a0n\u00b032, sous les r\u00e9servers d\u00e9crites.\" id=\"return-footnote-128-30\" href=\"#footnote-128-30\" aria-label=\"Footnote 30\"><sup class=\"footnote\">[30]<\/sup><\/a>, et est \u00e9videmment applicable en Irlande.<\/p>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, quatre lois f\u00e9d\u00e9rales de concurrence s&rsquo;appliquent au domaine de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle: le <em>Sherman Act<\/em><a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C. \u00a7\u00a7 1-7.\" id=\"return-footnote-128-31\" href=\"#footnote-128-31\" aria-label=\"Footnote 31\"><sup class=\"footnote\">[31]<\/sup><\/a>, dont la section 1 interdit les pratiques restrictives du commerce (<em>unreasonable restraints of trade<\/em>) et la section 2 les abus de position dominante (<em>monopolization and attempts to monopolize<\/em>); le <em>Clayton Act<\/em><a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C. \u00a7\u00a7 12-27 et 29 U.S.C. \u00a7\u00a7 52-53.\" id=\"return-footnote-128-32\" href=\"#footnote-128-32\" aria-label=\"Footnote 32\"><sup class=\"footnote\">[32]<\/sup><\/a> qui interdit les acquisitions restrictives de concurrence<a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C.\u00a0\u00a7 18.\" id=\"return-footnote-128-33\" href=\"#footnote-128-33\" aria-label=\"Footnote 33\"><sup class=\"footnote\">[33]<\/sup><\/a> et certaines clauses d&rsquo;exclusivit\u00e9s associ\u00e9es \u00e0 la vente de produits<a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C. \u00a7 14.\" id=\"return-footnote-128-34\" href=\"#footnote-128-34\" aria-label=\"Footnote 34\"><sup class=\"footnote\">[34]<\/sup><\/a>; le <em>Federal Trade Commission Act<\/em> (FTC Act)<a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C. \u00a7 41.\" id=\"return-footnote-128-35\" href=\"#footnote-128-35\" aria-label=\"Footnote 35\"><sup class=\"footnote\">[35]<\/sup><\/a>, qui sanctionne certaines pratiques d\u00e9loyales<a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C. 45.\" id=\"return-footnote-128-36\" href=\"#footnote-128-36\" aria-label=\"Footnote 36\"><sup class=\"footnote\">[36]<\/sup><\/a>; et le <em>Hart-Scott-Rodino Antitrust Improvements Act of 1976<\/em> (HSR)<a class=\"footnote\" title=\"15 U.S.C. \u00a7 18a.\" id=\"return-footnote-128-37\" href=\"#footnote-128-37\" aria-label=\"Footnote 37\"><sup class=\"footnote\">[37]<\/sup><\/a>, qui permet la suspension pour examen de certains projets de fusion ou d&rsquo;acquisitions.<\/p>\n<p>La jurisprudence dans ce domaine est \u00e0 la fois riche et ancienne, et sanctionne les agissements des titulaires de droits contraires aux r\u00e8gles ou aux principes pos\u00e9s par ces textes<a class=\"footnote\" title=\"V. notamment notre compte rendu de l\u2019affaire USA v. Microsoft, 253 F.3d 34 (D.C. Cir. 2001), Com. Comm. \u00c9lectr. n\u00b0 10, Octobre 2001, act. 106. Egalement, M. A. Einhorn, \u00ab Intellectual Property and Antitrust: Music Performing Rights in Broadcasting \u00bb, 24 Colum.-VLA J.L. &amp; Arts 349 (2000-2001) ; S. F. Anthony, \u00ab Antitrust and Intellectual Property Law: From Adversaries to Partners \u00bb, 28 AIPLA Q. J. 1 (2000) ; D. A. Balto, A. M. Wolman, \u00ab Intellectual Property and Antitrust : General Principles \u00bb, 43 IDEA 395 (2003) ; S. B. Opi, \u00ab The Application of the Essential Facilities Doctrine to Intellectual Property Licensing in the European Union and the United States: Are Intellectual Property Rights Till Sacrosanct \u00bb, 11 Fordham Intell. Prop. Media &amp; Ent. L.J. 409 (2000-2001); E. T. Sullivan, \u00ab The Confluence of Antitrust and Intellectual Property at the New Century \u00bb, 1 Minn. Intell. Prop. Rev. [iii] (2000) ; R. A. Posner, \u00ab Transaction Costs and Antitrust Concerns in the Licensing of Intellectual Property \u00bb, 4 J. Marshall Rev. Intell. Prop. L. [i] (2004-2005) ; pour un article ancien, A.C. Hugin, \u00ab Intellectual Property and the Antitrust Laws \u00bb 30 J. Pat. Off. Soc'y 450, 513, 601, 654, 867 (1948).\n\nSur la question, on consultera les rapports suivants:\u00a0 DOJ and FTC: Antitrust Enforcement and Intellectual Property Rights: Promoting Innovation and Competition (2007) (IP Report); DOJ and FTC: Antitrust Guidelines for the Licensing of Intellectual Property (2017) (IP Guidelines).\" id=\"return-footnote-128-38\" href=\"#footnote-128-38\" aria-label=\"Footnote 38\"><sup class=\"footnote\">[38]<\/sup><\/a>. A noter qu\u2019aux \u00c9tats-Unis les litiges dans ce domaine aboutissent souvent \u00e0 une transaction et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un <\/span><em style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">consent decree<\/em><span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\"> qui, comme son nom ne l\u2019indique pas, n\u2019est pas un d\u00e9cret, mais jugement rendu avec le consentement des parties par lequel le d\u00e9fendeur accepte de mettre fin \u00e0 certaines activit\u00e9s sans pour autant admettre sa responsabilit\u00e9 ou culpabilit\u00e9. Les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019auteurs aux \u00c9tats-Unis op\u00e8rent notamment dans le cadre de <\/span><em style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">consent decrees<\/em><span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\"><a class=\"footnote\" title=\"V. infra n\u00b0257.\" id=\"return-footnote-128-39\" href=\"#footnote-128-39\" aria-label=\"Footnote 39\"><sup class=\"footnote\">[39]<\/sup><\/a>.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>52._ Propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et droits fondamentaux_<\/strong> Dans les syst\u00e8mes de droit anglo-am\u00e9ricain comme ailleurs, et quelquefois plus qu\u2019ailleurs, l\u2019exercice des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, entre en conflit avec certains droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>53._ Au Royaume-Uni_<\/strong> Le Royaume-Uni ne poss\u00e8de pas de constitution \u00e9crite, et ne poss\u00e8de pas non plus de d\u00e9claration des droits similaire \u00e0 celles adopt\u00e9es dans la plupart des pays dot\u00e9s d\u2019une constitution \u00e9crite. En outre, le principe de souverainet\u00e9 du Parlement pose un obstacle th\u00e9orique \u00e0 la reconnaissance de principes fondamentaux \u00e0 valeur supra-l\u00e9gislative. Il ne faudrait cependant pas en d\u00e9duire que les droits fondamentaux n\u2019y sont pas prot\u00e9g\u00e9s. L\u2019imp\u00e9ratif de libert\u00e9 d\u2019expression est pris en compte au travers de principes de <em>common law<\/em>, ou directement dans le cadre d\u2019exceptions l\u00e9gales introduites dans les lois de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Il faut \u00e9galement compter avec les dispositions du <em>Human Rights Act 1998<\/em>, entr\u00e9 en vigueur le 2 octobre 2000, qui transpose les droits prot\u00e9g\u00e9s par la Convention EDH. La jurisprudence d\u00e9velopp\u00e9e sur le Continent sur le fondement de l\u2019article 10 CEDH l\u2019est alors sur le fondement de cette loi. La Cour d&rsquo;Appel de Londres a ainsi eu \u00e0 se prononcer sur le conflit entre copyright et libert\u00e9 d&rsquo;expression en 2001 dans l&rsquo;affaire <em>Ashdown v. Telegraph Group Ltd<\/em><a class=\"footnote\" title=\"[2001] EWCA Civ 1142. L\u2019affaire concernait la reproduction non autoris\u00e9e par un journal du rapport confidentiel d'une r\u00e9union politique secr\u00e8te du parti travailliste et du parti lib\u00e9ral d\u00e9mocrate \u00e0 l'issue des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de mai 1997. Outre certaines exceptions l\u00e9gales difficilement applicables en l'esp\u00e8ce, le journal anglais invoquait le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression et l'article 10 CEDH. La Chancery Division de la High Court de Londres avait jug\u00e9 que l'article 10 CEDH ne pouvait justifier de nouvelles exceptions au copyright en dehors de la liste l\u00e9gale. La Cour avait not\u00e9 que le copyright constitue une restriction au droit \u00e0 l'information du public issu de l'article 10 CEDH, et que les dispositions de cet article s'appliquaient en l'esp\u00e8ce. N\u00e9anmoins, elle avait jug\u00e9 qu'il n'\u00e9tait pas n\u00e9cessaire de consid\u00e9rer les faits de chaque esp\u00e8ce pour d\u00e9terminer si la restriction impos\u00e9e par la loi va au-del\u00e0 de ce qui est \u00ab\u00a0n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb (principe de proportionnalit\u00e9 de l'atteinte aux objectifs l\u00e9gitimes prot\u00e9g\u00e9s), au sens de l'article 10 CEDH. La Cour avait en effet consid\u00e9r\u00e9 que la balance des int\u00e9r\u00eats des titulaires de copyright et des int\u00e9r\u00eats du public avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e de mani\u00e8re satisfaisante dans le Copyright Act. Dans son arr\u00eat la Cour d'Appel juge au contraire \u00ab\u00a0que dans de rares circonstances le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression entre en conflit avec la protection conf\u00e9r\u00e9e par le Copyright Act, nonobstant les exceptions expresses qui s'y trouvent\u00a0\u00bb. Elle ajoute : \u00ab\u00a0dans ces circonstances, nous consid\u00e9rons qu'un tribunal doit, dans la mesure o\u00f9 il le peut, appliquer le Copyright Act de mani\u00e8re \u00e0 accommoder le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression. Ceci implique n\u00e9cessairement l'examen attentif par le tribunal des faits de l'esp\u00e8ce (tout comme cela est n\u00e9cessaire \u00e0 chaque fois qu'une exception de fair dealing est soulev\u00e9e)\u00a0\u00bb (n\u00b045). Elle rejette cependant l'appel, en soulignant la l\u00e9gitimit\u00e9 de la demande p\u00e9cuniaire form\u00e9e par le titulaire des droits, contest\u00e9e au principal\u00a0: \u00ab\u00a0La premi\u00e8re fa\u00e7on [d'appliquer le Copyright Act de mani\u00e8re \u00e0 accomoder le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression] serait de refuser d'accorder une injonction [contre la publication]. Dans la plupart des cas, il nous semble qu'une telle mesure serait suffisante. Si un journal consid\u00e8re qu'il est n\u00e9cessaire de copier les mots exacts utilis\u00e9s par un autre, nous ne voyons aucune raison de principe pour que le journal n'indemnise pas l'auteur pour les pertes subies, ou pour les gains r\u00e9sultant de la copie de son oeuvre. La libert\u00e9 d'expression ne devrait pas normalement entra\u00eener le droit d'utiliser gratuitement le travail d'autrui\u00a0\u00bb (n\u00b046).\" id=\"return-footnote-128-40\" href=\"#footnote-128-40\" aria-label=\"Footnote 40\"><sup class=\"footnote\">[40]<\/sup><\/a>, et a sur ce point anticip\u00e9 la position de la CEDH d\u00e9sormais exprim\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat Ashby Donald<a class=\"footnote\" title=\"CEDH, 10 janvier 2013, Ashby Donald et autres c. France, Req. n\u00b036769\/08, JCP G 2013.397.\" id=\"return-footnote-128-41\" href=\"#footnote-128-41\" aria-label=\"Footnote 41\"><sup class=\"footnote\">[41]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>54._ Aux Etats-Unis_<\/strong> Le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression (<em>free speech<\/em>) est garanti par le Premier amendement \u00e0 la Constitution f\u00e9d\u00e9rale<a class=\"footnote\" title=\"\u00ab Le Congr\u00e8s ne fera aucune loi qui touche l'\u00e9tablissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la libert\u00e9 de la parole ou de la presse (\u2026)\u00a0\u00bb\" id=\"return-footnote-128-42\" href=\"#footnote-128-42\" aria-label=\"Footnote 42\"><sup class=\"footnote\">[42]<\/sup><\/a>. Il a \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. La jurisprudence sur ce point n\u2019est pas sans rappeler celle qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e en France et en Europe sur le fondement de l\u2019article 10 de la convention EDH. Elle est cependant plus ancienne et abondante.<\/p>\n<p>En copyright, les tentatives pour \u00e9tendre, sur le fondement du Premier amendement, les exceptions existantes (notamment le <em>fair use<\/em>) pour instituer d\u2019autres exceptions ont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9chou\u00e9 devant les tribunaux, qui consid\u00e8rent que les objectifs constitutionnels sont suffisamment pris en compte, \u00e0 la fois dans les exceptions existantes et dans certaines limites inh\u00e9rentes \u00e0 la protection<a class=\"footnote\" title=\"V. Harper &amp; Row Publishers, Inc. v. Nation Enterprises, 471 U.S. 539, 556 (1985) (rejet de l\u2019argument tir\u00e9 du premier amendement pour tenter de justifier la publication non autoris\u00e9e des m\u00e9moires du pr\u00e9sident Gerald Ford) ;A &amp; M Records Inc and ors v Napster Inc, 239 F 3d 1004 (9th Cir 2001 ) (rejet de l\u2019argument tir\u00e9 du premier amendement pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019application d\u2019une injonction contre le t\u00e9l\u00e9chargement ill\u00e9gal sur un r\u00e9seau pair \u00e0 pair); Universal City Studios Inc and others v Corley and others, 273 F 3d 429 (2d Cir 2001 ) (rejet de l\u2019argument oppos\u00e9 dans le cadre d\u2019une action contre le contournement de mesures de protection contre la copie de DVD).\" id=\"return-footnote-128-43\" href=\"#footnote-128-43\" aria-label=\"Footnote 43\"><sup class=\"footnote\">[43]<\/sup><\/a>. Les arguments fond\u00e9s sur le Premier amendement contre l\u2019extension de la dur\u00e9e de protection du copyright<a class=\"footnote\" title=\"Eldred v. Ashcroft, 537 U.S. 186, 219-20 (2003), V. infra n\u00b0254.\" id=\"return-footnote-128-44\" href=\"#footnote-128-44\" aria-label=\"Footnote 44\"><sup class=\"footnote\">[44]<\/sup><\/a> ou contre la restauration de certains copyright faisant suite \u00e0 l\u2019adoption de l\u2019Uruguay Round Agreements Act<a class=\"footnote\" title=\"Golan v. Gonzales, 501 F.3d 1179 (10th Cir. 2007). V. Christian Arizmendi, Golan v. Gonzalez 501 F.3D 1179 (10TH CIR. 2007), 18 DePaul J. Art, Tech. &amp; Intell. Prop. L. 441 (2008).\" id=\"return-footnote-128-45\" href=\"#footnote-128-45\" aria-label=\"Footnote 45\"><sup class=\"footnote\">[45]<\/sup><\/a> ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de marques et de signes distinctifs, la port\u00e9e du Premier amendement est limit\u00e9e par le fait que la marque constitue, selon la jurisprudence, un discours de nature commerciale b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une protection constitutionnelle moins \u00e9tendue. Le Premier amendement a cependant une fonction importante en mati\u00e8re de parodie de marques<a class=\"footnote\" title=\"V. infra n\u00b0242.\" id=\"return-footnote-128-46\" href=\"#footnote-128-46\" aria-label=\"Footnote 46\"><sup class=\"footnote\">[46]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>55._ En Australie et au Canada_<\/strong><a class=\"footnote\" title=\"V. Y. Gendreau, Copyright and Freedom of Expression in Canada, in P.L.C. Torremans (ed.), Copyright and Human Rights, Kluwer 2004, pp. 21-36.\" id=\"return-footnote-128-47\" href=\"#footnote-128-47\" aria-label=\"Footnote 47\"><sup class=\"footnote\">[47]<\/sup><\/a> La constitution australienne ne contient pas de d\u00e9claration des droits, ni de loi \u00e9crite consacrant le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. Cependant en 1992 dans l\u2019arr\u00eat <em>Nationwide News Pty Ltd v Wills<\/em><a class=\"footnote\" title=\"(1992) 177 CLR 1. V. \u00e9galement Lange v Australian Broadcasting Corporation (1997) 189 CLR 520.\" id=\"return-footnote-128-48\" href=\"#footnote-128-48\" aria-label=\"Footnote 48\"><sup class=\"footnote\">[48]<\/sup><\/a> la High Court a jug\u00e9 qu\u2019il existait en droit australien un droit constitutionnel implicite \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression politique. Ce droit ne semble pas avoir donn\u00e9 lieu \u00e0 une jurisprudence en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<p>Sous cette r\u00e9serve, la situation est similaire \u00e0 celle du Royaume-Uni avant l\u2019adoption du <em>Human Rights Act<\/em> de 1998. L\u2019imp\u00e9ratif de libert\u00e9 d\u2019expression est pris en compte au travers de principes de <em>common law<\/em>, ou directement dans le cadre d\u2019exceptions l\u00e9gales introduites dans les l\u00e9gislations de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<p>Par contraste, au Canada la loi constitutionnelle contient une d\u00e9claration des droits, la Charte canadienne des droits et libert\u00e9s<a class=\"footnote\" title=\"Qui date de 1982 et succ\u00e8de \u00e0 la une pr\u00e9c\u00e9dente charte adopt\u00e9e en 1960.\" id=\"return-footnote-128-49\" href=\"#footnote-128-49\" aria-label=\"Footnote 49\"><sup class=\"footnote\">[49]<\/sup><\/a>. Cette charte n\u2019a pas valeur constitutionnelle, mais constitue une loi f\u00e9d\u00e9rale. Le droit \u00e0 la libert\u00e9 expression y est consacr\u00e9<a class=\"footnote\" title=\"Section 2(b).\" id=\"return-footnote-128-50\" href=\"#footnote-128-50\" aria-label=\"Footnote 50\"><sup class=\"footnote\">[50]<\/sup><\/a>. Contrairement \u00e0 d\u2019autres domaines du droit, et \u00e0 la situation aux \u00c9tats-Unis, le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression ne semble pas avoir eu un impact important dans le domaine de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en g\u00e9n\u00e9ral, et du droit d\u2019auteur en particulier<a class=\"footnote\" title=\"V. Y. Gendreau, art. pr\u00e9cit\u00e9, qui explique cet \u00e9tat de fait par la prise en compte des imp\u00e9ratifs de libert\u00e9 d\u2019expression dans la loi de droit d\u2019auteur.\" id=\"return-footnote-128-51\" href=\"#footnote-128-51\" aria-label=\"Footnote 51\"><sup class=\"footnote\">[51]<\/sup><\/a>. La Charte des droits et libert\u00e9s peut cependant constituer une d\u00e9fense autonome \u00e0 une action en contrefa\u00e7on<a class=\"footnote\" title=\"En mati\u00e8re de droit d\u2019auteur, depuis R. v. James Lorimer &amp; Co. Ltd. [1984] 77 C.P.R. (2d) 262 (Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale), cit\u00e9 et comment\u00e9 (avec d\u2019autres d\u00e9cisions canadiennes) in Y. Gendreau, art.pr\u00e9cit\u00e9, p. 30.\" id=\"return-footnote-128-52\" href=\"#footnote-128-52\" aria-label=\"Footnote 52\"><sup class=\"footnote\">[52]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-128-1\">Sur ces questions, R. Tomkowicz, <em>Intellectual property overlaps<\/em>, Routlege 2012; N. Wilkof et S. Basheer, <em>Overlapping Intellectual Property Rights<\/em>, Oxford University Press 2012; E. Derclaye, M. Leistner, <em>Intellectual Property Overlaps\u00a0: A European Perspective<\/em>, Bloomsbury publishing, 2011; L.A. Heymann, \u00ab\u00a0Overlapping Intellectual Property Doctrines\u00a0: Election of Rights Versus Selection of Remedies\u00a0\u00bb, 17 Stan. Tech. L. Rev. 239 (2013)\u00a0; V. R. Moffat, \u00ab\u00a0Mutant Copyrights and Backdoor Patents: The Problem of Overlapping Intellectual Property Protection\u00a0\u00bb, 19 Berkeley Tech. L.J. 1473, 1496 (2004). <a href=\"#return-footnote-128-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-2\"><a href=\"https:\/\/ca.vlex.com\/vid\/wcc-containers-sales-v-680597709\">2003 CF 962<\/a> (CanLII), cit\u00e9 in Tomkowicz p. 8. <a href=\"#return-footnote-128-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-3\">Para. 64. <a href=\"#return-footnote-128-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-4\"><a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/347\/201\/\"><em>Mazer v. Stein<\/em><\/a>, 347 U.S. 201, 202 (1954): \u00ab\u00a0<em>We do hold that the patentability of the statuettes, fitted as lamps or unfitted, does not bar copyright as works of art. Neither the Copyright Statute nor any other says that because a thing is patentable it may not be copyrighted. We should not so hold<\/em>\u00a0\u00bb. <a href=\"#return-footnote-128-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-5\"><a href=\"https:\/\/casetext.com\/case\/kohler-co-v-moen-inc\"><em>Kohler Co. v. Moen, Inc.<\/em><\/a> 12 F.3d 632, 638 (7th Cir. 1993): <em>\u00ab\u00a0a product\u2019s different qualities can be protected simultaneously, or successively, by more than one of the statutory means for protection of intellectual property<\/em>\u00a0\u00bb. <a href=\"#return-footnote-128-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-6\">V. la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame dans<a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/163\/169\/\"> Singer Mfg. Co. v. June Mfg. Co.<\/a>, 163 U.S. 169, 185 (1896); <a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/305\/111\/\">Kellogg Co. v. National Biscuit Co.<\/a>, 305 U.S. 111, 120 (1938) ; et <a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/326\/249\/\">Scott Paper Co. v. Marcalus Mfg. Co.<\/a>, 326 U.S. 249, 256 (1945) (<em>orbiter dicta<\/em>). <a href=\"#return-footnote-128-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-7\"><em>Rucker Co. v. Gavel\u2019s Vulcanizing Ltd.<\/em>, (1985) 7 C.P.R. (3rd) 294 (F.C.T.D.), varied (1987) 14 C.P.R. (3rd) 439 (F.C.T.D.), cit\u00e9 in Tomkowicz, op. cit. La Cour y expose son argumentation comme suit: <em>\u00ab\u00a0Most mechanical patents have drawings in connection therewith and the drawings can readily be copyrighted, but when patent infringement protection is no longer available to the owner of the patent it is not desirable that he should be able to extend this protection by application of the Copyright Act to the drawings from which the physical object covered by the patent was constructed, and thereby prevent anyone else from manufacturing the same device, even without the use of the drawings. I strongly believe that it was not the intention of Parliament nor from a practical view is it desirable that the Patent Act, the Copyright Act, and the Industrial Design Act should be interpreted so as to give overlapping protection. Something suitable for industrial design cannot be registered for copyright, as the statute states, and something for which a patent is granted should not also be given double protection for an extended period of time by registering for copyright drawings from which the patented object was made\u00a0\u00bb.<\/em> <a href=\"#return-footnote-128-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-8\">V. <em>infra <\/em>n\u00b048. <a href=\"#return-footnote-128-8\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 8\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-9\"><a href=\"https:\/\/www.casemine.com\/judgement\/uk\/5a8ff85f60d03e7f57ebee7a\">[1986] UKHL 7<\/a>, v. <em>infra <\/em>n\u00b0281. <a href=\"#return-footnote-128-9\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 9\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-10\"><em>Ibid.<\/em> <a href=\"#return-footnote-128-10\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 10\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-11\"><em>Ibid.<\/em> <a href=\"#return-footnote-128-11\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 11\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-12\"><em>Ibid.<\/em> <a href=\"#return-footnote-128-12\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 12\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-13\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/17\/chapter-1\">17 U.S.C.<\/a> \u00a7 113 ( Scope of exclusive rights in pictorial, graphic, and sculptural works). <a href=\"#return-footnote-128-13\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 13\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-14\">: \"(<em>a) Subject to the provisions of subsections (b) and (c) of this section, the exclusive right to reproduce a copyrighted pictorial, graphic, or sculptural work in copies under section 106 includes the right to reproduce the work in or on any kind of article, whether useful or otherwise. (b) This title does not afford, to the owner of copyright in a work that portrays a useful article as such, any greater or lesser rights with respect to the making, distribution, or display of the useful article so portrayed than those afforded to such works under the law, whether title 17 or the common law or statutes of a State, in effect on December 31, 1977, as held applicable and construed by a court in an action brought under this title<\/em>\". V. <em>infra <\/em>n\u00b0196. <a href=\"#return-footnote-128-14\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 14\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-15\">V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0472. <a href=\"#return-footnote-128-15\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 15\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-16\">Aux \u00c9tats-Unis les r\u00e8gles de pr\u00e9emption f\u00e9d\u00e9rale ont \u00e9galement pour effet d\u2019imposer aux \u00c9tats, dans la d\u00e9finition de leurs principes de concurrence d\u00e9loyale sanctionnant la copie servile (<em>misappropriation<\/em>), des conditions qui retirent \u00e0 la protection tout caract\u00e8re automatique. V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0473 et 474. <a href=\"#return-footnote-128-16\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 16\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-17\">V. Tome 2, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0280. <a href=\"#return-footnote-128-17\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 17\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-18\"><em>Ibid.<\/em> <a href=\"#return-footnote-128-18\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 18\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-19\">V. <em>infra <\/em>n\u00b075. <a href=\"#return-footnote-128-19\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 19\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-20\">Il ne faut pas non plus oublier que le droit moderne de la concurrence, n\u00e9 aux \u00c9tats-Unis avec le Sherman Act de 1890, trouve sa source dans certains aspects de la <em>common law<\/em>, et notamment dans la doctrine de <em>restraint of trade<\/em>, d\u00e9velopp\u00e9e par les cours anglaises depuis le depuis le 17e si\u00e8cle, et appliqu\u00e9e assez naturellement aux accords conclus en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. <a href=\"#return-footnote-128-20\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 20\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-21\">V. Tome 2, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0308. <a href=\"#return-footnote-128-21\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 21\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-22\">V. <em>infra <\/em>n\u00b0263, Tome 2 et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0361. J. B. Kobak, \u00ab The Misuse Defense and Intellectual Property Litigation \u00bb, 1 Boston Univ. Journal of Science &amp; Technology Law 25 (1995) ; J. Webb, L. A. Locke, \u00ab Intellectual Property Misuse: Recent Developments in the Misuse Doctrine \u00bb, 73 J. Pat. &amp; Trademark Off. Soc'y 339 (1991). <a href=\"#return-footnote-128-22\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 22\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-23\">V. Tome 3, et 1re \u00e9d. 2017, n\u00b0411. <a href=\"#return-footnote-128-23\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 23\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-24\">CJCE, 6 avr. 1995, <a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/liste.jsf?num=C-241\/91&amp;language=fr\">RTE et ITP c\/ Commission<\/a>, aff. jtes C-241\/91 p. et C-242\/91 p. : Rec. I, p. 743, \u00a7 50, qui avait jug\u00e9 que \u00ab l'exercice du droit exclusif par le titulaire peut, dans des circonstances exceptionnelles, donner lieu \u00e0 un comportement abusif \u00bb. <a href=\"#return-footnote-128-24\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 24\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-25\"><a href=\"https:\/\/www.casemine.com\/judgement\/uk\/5b46f1fa2c94e0775e7ef49d\">[2002] EWCA Civ 1905<\/a>. <a href=\"#return-footnote-128-25\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 25\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-26\">La soci\u00e9t\u00e9 Intel avait assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 Via en septembre 2001 en contrefa\u00e7on de cinq de ses brevets relatifs aux microprocesseurs qu'elle fabrique. Pour sa d\u00e9fense, Via invoquait les articles 81 et 82 du Trait\u00e9 CE, et notamment le fait que l'action d'Intel et son refus de lui accorder une licence constituaient un abus par Intel de l'exercice de ses droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et de sa position dominante. <a href=\"#return-footnote-128-26\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 26\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-27\">T.P.I., 12 juin 1997,<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=CELEX%3A61993TJ0504\"> Tierc\u00e9 Ladbroke s.a. c\/ Commission<\/a>, aff. C-504\/93, Rec., p.923 <a href=\"#return-footnote-128-27\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 27\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-28\">CJCE, 26 novembre 1998, <a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=CELEX%3A61997CJ0007\">Oscar Bronner Gmbh et Co. KG c. Mediaprint<\/a>, aff. C-7\/97, Rec., p.7791. <a href=\"#return-footnote-128-28\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 28\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-29\"><a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/HR\/TXT\/?uri=CELEX:62001CJ0418\">IMS Health GmbH &amp; Co. OHG v. NDC Health GmbH &amp; Co. KG<\/a>, aff. C-418\/01, Rec. 2004 I-05039. <a href=\"#return-footnote-128-29\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 29\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-30\">V. <em>supra<\/em>\u00a0n\u00b032, sous les r\u00e9servers d\u00e9crites. <a href=\"#return-footnote-128-30\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 30\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-31\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7\u00a7 1-7. <a href=\"#return-footnote-128-31\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 31\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-32\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7\u00a7 12-27 et <a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/29\">29 U.S.C.<\/a> \u00a7\u00a7 52-53. <a href=\"#return-footnote-128-32\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 32\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-33\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a>\u00a0\u00a7 18. <a href=\"#return-footnote-128-33\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 33\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-34\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7 14. <a href=\"#return-footnote-128-34\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 34\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-35\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7 41. <a href=\"#return-footnote-128-35\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 35\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-36\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> 45. <a href=\"#return-footnote-128-36\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 36\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-37\"><a href=\"https:\/\/www.law.cornell.edu\/uscode\/text\/15\">15 U.S.C.<\/a> \u00a7 18a. <a href=\"#return-footnote-128-37\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 37\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-38\">V. notamment notre compte rendu de l\u2019affaire <em><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/United_States_v._Microsoft_Corp.\">USA v. Microsoft<\/a>, 253 F.3d 34 (D.C. Cir. 2001), <\/em>Com. Comm. \u00c9lectr. n\u00b0 10, Octobre 2001, act. 106. Egalement, M. A. Einhorn, \u00ab Intellectual Property and Antitrust: Music Performing Rights in Broadcasting \u00bb, 24 Colum.-VLA J.L. &amp; Arts 349 (2000-2001) ; S. F. Anthony, \u00ab Antitrust and Intellectual Property Law: From Adversaries to Partners \u00bb, 28 AIPLA Q. J. 1 (2000) ; D. A. Balto, A. M. Wolman, \u00ab Intellectual Property and Antitrust : General Principles \u00bb, 43 IDEA 395 (2003) ; S. B. Opi, \u00ab The Application of the Essential Facilities Doctrine to Intellectual Property Licensing in the European Union and the United States: Are Intellectual Property Rights Till Sacrosanct \u00bb, 11 Fordham Intell. Prop. Media &amp; Ent. L.J. 409 (2000-2001); E. T. Sullivan, \u00ab The Confluence of Antitrust and Intellectual Property at the New Century \u00bb, 1 Minn. Intell. Prop. Rev. [iii] (2000) ; R. A. Posner, \u00ab Transaction Costs and Antitrust Concerns in the Licensing of Intellectual Property \u00bb, 4 J. Marshall Rev. Intell. Prop. L. [i] (2004-2005) ; pour un article ancien, A.C. Hugin, \u00ab Intellectual Property and the Antitrust Laws \u00bb 30 J. Pat. Off. Soc'y 450, 513, 601, 654, 867 (1948).\r\n\r\nSur la question, on consultera les rapports suivants:\u00a0 DOJ and FTC: Antitrust Enforcement and Intellectual Property Rights: Promoting Innovation and Competition (2007) (IP Report); DOJ and FTC: Antitrust Guidelines for the Licensing of Intellectual Property (2017) (IP Guidelines).<span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\"> <a href=\"#return-footnote-128-38\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 38\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-39\">V. <\/span><em style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">infra <\/em><span style=\"text-align: initial; font-size: 1em;\">n\u00b0257. <a href=\"#return-footnote-128-39\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 39\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-40\"><a href=\"https:\/\/www.casemine.com\/judgement\/uk\/5a8ff71760d03e7f57ea7612\">[2001] EWCA Civ 1142<\/a>. L\u2019affaire concernait la reproduction non autoris\u00e9e par un journal du rapport confidentiel d'une r\u00e9union politique secr\u00e8te du parti travailliste et du parti lib\u00e9ral d\u00e9mocrate \u00e0 l'issue des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de mai 1997. Outre certaines exceptions l\u00e9gales difficilement applicables en l'esp\u00e8ce, le journal anglais invoquait le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression et l'article 10 CEDH. La <em>Chancery Division de la High Court<\/em> de Londres avait jug\u00e9 que l'article 10 CEDH ne pouvait justifier de nouvelles exceptions au copyright en dehors de la liste l\u00e9gale. La Cour avait not\u00e9 que le copyright constitue une restriction au droit \u00e0 l'information du public issu de l'article 10 CEDH, et que les dispositions de cet article s'appliquaient en l'esp\u00e8ce. N\u00e9anmoins, elle avait jug\u00e9 qu'il n'\u00e9tait pas n\u00e9cessaire de consid\u00e9rer les faits de chaque esp\u00e8ce pour d\u00e9terminer si la restriction impos\u00e9e par la loi va au-del\u00e0 de ce qui est \u00ab\u00a0n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb (principe de proportionnalit\u00e9 de l'atteinte aux objectifs l\u00e9gitimes prot\u00e9g\u00e9s), au sens de l'article 10 CEDH. La Cour avait en effet consid\u00e9r\u00e9 que la balance des int\u00e9r\u00eats des titulaires de copyright et des int\u00e9r\u00eats du public avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e de mani\u00e8re satisfaisante dans le <em>Copyright Act.<\/em> Dans son arr\u00eat la Cour d'Appel juge au contraire \u00ab\u00a0que dans de rares circonstances le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression entre en conflit avec la protection conf\u00e9r\u00e9e par le Copyright Act, nonobstant les exceptions expresses qui s'y trouvent\u00a0\u00bb. Elle ajoute : \u00ab\u00a0dans ces circonstances, nous consid\u00e9rons qu'un tribunal doit, dans la mesure o\u00f9 il le peut, appliquer le Copyright Act de mani\u00e8re \u00e0 accommoder le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression. Ceci implique n\u00e9cessairement l'examen attentif par le tribunal des faits de l'esp\u00e8ce (tout comme cela est n\u00e9cessaire \u00e0 chaque fois qu'une exception de <em>fair dealing <\/em>est soulev\u00e9e)\u00a0\u00bb (n\u00b045). Elle rejette cependant l'appel, en soulignant la l\u00e9gitimit\u00e9 de la demande p\u00e9cuniaire form\u00e9e par le titulaire des droits, contest\u00e9e au principal\u00a0: \u00ab\u00a0La premi\u00e8re fa\u00e7on [d'appliquer le Copyright Act de mani\u00e8re \u00e0 accomoder le droit \u00e0 la libert\u00e9 d'expression] serait de refuser d'accorder une injonction [contre la publication]. Dans la plupart des cas, il nous semble qu'une telle mesure serait suffisante. Si un journal consid\u00e8re qu'il est n\u00e9cessaire de copier les mots exacts utilis\u00e9s par un autre, nous ne voyons aucune raison de principe pour que le journal n'indemnise pas l'auteur pour les pertes subies, ou pour les gains r\u00e9sultant de la copie de son oeuvre. La libert\u00e9 d'expression ne devrait pas normalement entra\u00eener le droit d'utiliser gratuitement le travail d'autrui\u00a0\u00bb (n\u00b046). <a href=\"#return-footnote-128-40\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 40\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-41\">CEDH, 10 janvier 2013, <a href=\"https:\/\/hudoc.echr.coe.int\/fre#{%22itemid%22:&#91;%22001-115845%22&#93;}\"><em>Ashby Donald et autres c<\/em>. <em>France<\/em><\/a>, Req. n\u00b036769\/08, JCP G 2013.397. <a href=\"#return-footnote-128-41\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 41\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-42\">\u00ab Le Congr\u00e8s ne fera aucune loi qui touche l'\u00e9tablissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la libert\u00e9 de la parole ou de la presse (\u2026)\u00a0\u00bb <a href=\"#return-footnote-128-42\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 42\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-43\">V. <a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/471\/539\/\">Harper &amp; Row Publishers, Inc. v. Nation Enterprises<\/a>, 471 U.S. 539, 556 (1985) (rejet de l\u2019argument tir\u00e9 du premier amendement pour tenter de justifier la publication non autoris\u00e9e des m\u00e9moires du pr\u00e9sident Gerald Ford) ;<a href=\"https:\/\/casetext.com\/case\/a-m-records-inc-v-napster-inc-3\">A &amp; M Records Inc and ors v Napster Inc<\/a>, 239 F 3d 1004 (9th Cir 2001 ) (rejet de l\u2019argument tir\u00e9 du premier amendement pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019application d\u2019une injonction contre le t\u00e9l\u00e9chargement ill\u00e9gal sur un r\u00e9seau pair \u00e0 pair); <a href=\"https:\/\/casetext.com\/case\/universal-city-studios-inc-v-corley\">Universal City Studios Inc and others v Corley and others<\/a>, 273 F 3d 429 (2d Cir 2001 ) (rejet de l\u2019argument oppos\u00e9 dans le cadre d\u2019une action contre le contournement de mesures de protection contre la copie de DVD). <a href=\"#return-footnote-128-43\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 43\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-44\"><a href=\"https:\/\/supreme.justia.com\/cases\/federal\/us\/537\/186\/\">Eldred v. Ashcroft<\/a>, 537 U.S. 186, 219-20 (2003), V. <em>infra <\/em>n\u00b0254. <a href=\"#return-footnote-128-44\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 44\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-45\">Golan v. Gonzales, 501 F.3d 1179 (10th Cir. 2007). V. Christian Arizmendi, Golan v. Gonzalez 501 F.3D 1179 (10TH CIR. 2007), <a href=\"https:\/\/via.library.depaul.edu\/cgi\/viewcontent.cgi?article=1150&amp;context=jatip\">18 DePaul J. Art, Tech. &amp; Intell. Prop. L. 441 (2008)<\/a>. <a href=\"#return-footnote-128-45\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 45\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-46\">V. <em>infra <\/em>n\u00b0242. <a href=\"#return-footnote-128-46\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 46\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-47\">V. Y. Gendreau, Copyright and Freedom of Expression in Canada, in P.L.C. Torremans (ed.), Copyright and Human Rights, Kluwer 2004, pp. 21-36. <a href=\"#return-footnote-128-47\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 47\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-48\"><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Nationwide_News_Pty_Ltd_v_Wills\">(1992) 177 CLR 1<\/a>. V. \u00e9galement <em>Lange v Australian Broadcasting Corporation<\/em> (1997) <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Lange_v_Australian_Broadcasting_Corporation\">189 CLR 520<\/a>. <a href=\"#return-footnote-128-48\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 48\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-49\">Qui date de 1982 et succ\u00e8de \u00e0 la une pr\u00e9c\u00e9dente charte adopt\u00e9e en 1960. <a href=\"#return-footnote-128-49\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 49\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-50\">Section 2(b). <a href=\"#return-footnote-128-50\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 50\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-51\">V. Y. Gendreau, art. pr\u00e9cit\u00e9, qui explique cet \u00e9tat de fait par la prise en compte des imp\u00e9ratifs de libert\u00e9 d\u2019expression dans la loi de droit d\u2019auteur. <a href=\"#return-footnote-128-51\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 51\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-128-52\">En mati\u00e8re de droit d\u2019auteur, depuis <em>R. v. James Lorimer &amp; Co. Ltd.<\/em> [1984] 77 C.P.R. (2d) 262 (Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale), cit\u00e9 et comment\u00e9 (avec d\u2019autres d\u00e9cisions canadiennes) in Y. Gendreau, art.pr\u00e9cit\u00e9, p. 30. <a href=\"#return-footnote-128-52\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 52\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":1,"menu_order":4,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"part":54,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/128"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/128\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":771,"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/128\/revisions\/771"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/54"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/128\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=128"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=128"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=128"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droitangloamericaindespi.com\/copyright\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=128"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}